Location de longue durée dans les grands magasins: l’UFC-Que Choisir alerte sur cette pratique ruineuse

L’association évoque un procédé « nocif » qui constitue une « grave menace à l’intérêt des consommateurs » et demande aux pouvoirs publics d’intervenir.

Avantageux au premier abord, ce mode de financement participerait au surendettement des ménages. Crédit: iStock

« Ses contours et [ses] effets sont encore pires que les excès du crédit revolving des années 2000 » prévient l’UFC-Que Choisir dans son communiqué. Mise en place dans les grandes enseignes de distribution (Fnac, Darty, Boulanger…) principalement pour les petits budgets, la location de longue durée (LLD) est aujourd’hui en plein essor et prend un dangereux tournant, à en croire l’étude menée par l’association de défense des consommateurs, qui demande aux pouvoirs publics un encadrement juridique rigoureux.

A LIRE > Gros électroménager: plus de la moitié des appareils tombent en panne après cinq ans d’utilisation

Avantageux au premier abord pour le consommateur, ce mode de financement qui permet par exemple de louer du gros matériel électroménager pour un prix mensuel très réduit, participerait au surendettement des ménages, les incitant « à renouveler indéfiniment leur engagement pour conserver l’usage de biens indispensables (réfrigérateur, micro-ondes, etc.) », est-il expliqué.

Un « gouffre économique »

Il ne faut pas s’y tromper, alerte l’UFC. La LLD constitue un crédit à part entière, encore plus cher que le crédit renouvelable, alors que le consommateur reste un simple locataire. A titre d’exemple, le mensuel a dressé un tableau édifiant qui lui permet d’adresser « la palme des tarifs exorbitants […] à la location d’un micro-ondes proposée par la filiale de Boulanger ».

A LIRE > Le Crédit à la consommation connaît un regain de popularité et inquiète les autorités

Le calcul est simple : « Au prix de 731 euros sur quatre ans (contre 316 euros à l’achat), son taux d’intérêt implicite atteint 76 %, soit plus de trois fois le taux d’usure ! Louer revient ainsi plus de deux fois plus cher qu’acheter immédiatement (+ 130 %) ! », s’étrangle l’association.

Obligations minimales pour les bailleurs

Autre constat : grâce à de nombreuses clauses, les devoirs des professionnels envers les consommateurs s’avèrent minimes, quand ces derniers à l’inverse ont des obligations démesurées. Par exemple, en cas de restitution en mauvais état, le locataire sera contraint de verser une ribambelle de frais supplémentaires. A cela s’ajoute des frais d’assurances complémentaires, qui sont fortement prescrites.

A LIRE > Respecté ou non, un plan de surendettement ne s’annule pas

Parallèlement, le bailleur n’est pas obligé d’indiquer le coût total de la LLD, ni son prix en taux, et il n’est pas tenu d’avertir le client sur le risque d’endettement. Celui-ci ne peut donc procéder à aucune comparaison entre les modes de financement.

Nombreuses mises en demeure

En conséquence, l’UFC-Que Choisir a mis en demeure Boulanger location et les partenaires financiers bailleurs de Fnac Darty (Crédit Agricole Consumer Finance) et Cdiscount (Crédit Mutuel Leasing) de « purger leurs conditions générales d’utilisation des clauses qu’elle estime abusives » et promet de porter plainte si aucun changement n’intervient.

Elle appelle également les autorités compétentes à « mettre en œuvre un cadre juridique propre » (plafonnement tarifaire, information pré-contractuelle standardisée… etc.) afin que les sérieux abus constatés cessent dans les meilleurs délais.

Sur le même thème

Consommation crédit

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique