Coronavirus: pas la peine de se ruiner en masques de protection

Face à l’épidémie de coronavirus chinois, le port d’un masque est essentiel pour les personnes malades et peut être recommandé dans les régions fortement touchées par l’épidémie, mais n’est ni utile ni efficace pour le reste de la population, soulignent les autorités sanitaires.

En Chine, où ce virus a émergé en décembre dans la ville de Wuhan (centre) et a déjà touché plus de 2.700 personnes, plusieurs provinces et plusieurs grandes villes ont imposé le port de cette protection à leurs habitants pour tenter d’endiguer sa propagation.

En France, après la confirmation vendredi soir de trois cas de personnes touchées par ce virus respiratoire, les premiers en Europe, certaines pharmacies ont fait face à un afflux de clients, Français ou touristes, désireux de se procurer ces masques.

« Encore aujourd’hui, si j’avais pu en vendre 100… c’est un client sur cinq qui m’en demande ! », rapportait lundi Géraldine Leroy, pharmacienne à l’aéroport de Nice, en rupture de stock depuis dimanche après-midi. « Tous ceux qui partent, qui voyagent nous ont dévalisé, et ça va continuer toute la semaine ». « Il y a eu plus de demandes de masques », qui ont pu créer des ruptures de stocks localement, car « en temps normal la demande est très faible, donc les pharmacies ne les stockent pas », a expliqué à l’AFP Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Un phénomène semblable s’était produit en 2009, lors de l’épidémie de grippe A-H1N1, rappelle Emmanuel Déchin, délégué général de la CSRP, qui rassemble les grossistes en pharmacie.

Port de masques chirurgicaux:
une « efficacité [qui] n’est pas démontrée »

Pourtant, les masques en papier, dits « masques chirurgicaux », « sont uniquement utiles quand on est soi-même malade, pour éviter de contaminer les autres », a souligné dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Leur port par prévention peut se justifier en Chine, où il est avéré qu’il y a des foyers de personnes porteuses du virus pas encore identifiés. Mais « aujourd’hui, il n’y a aucune indication à acheter des masques pour la population française », a insisté Agnès Buzyn.

« Le port de ce type de masque par la population non malade afin d’éviter d’attraper la maladie ne fait pas partie des mesures barrières recommandées et son efficacité n’est pas démontrée », ont précisé les services du ministère.

Les « dizaines de millions de masques en stock » évoqués par la ministre correspondent à un stock d’Etat « constitué afin de répondre aux besoins des patients en cas de situation sanitaire exceptionnelle ce qui n’est pas le cas actuellement en France », ont-ils ajouté. D’autant que selon les informations disponibles sur le virus, il peut se transmettre entre humains « mais par des contacts étroits, c’est-à-dire moins d’un mètre », a observé lundi le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

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En clair, « croiser quelqu’un (contaminé, NDLR) dans la rue ne pose pas de problème » et « le risque est faible quand vous passez peu de temps à proximité de cette personne », a-t-il ajouté.

D’autres précautions comme le lavage fréquent des mains au savon ou avec une solution hydroalcoolique sont en revanche recommandées pour prévenir la propagation de l’ensemble des virus respiratoires: le coronavirus, mais aussi le virus de la grippe saisonnière, dont l’épidémie a commencé en France depuis quelques semaines. « Nous expliquons cela aux patients », assure à l’AFP Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), qui observe que la demande « s’est calmée » lundi.

Par ailleurs, en cas de contact prolongé avec une personne contaminée, ces masques en papier n’offrent pas une protection suffisamment efficace, notamment parce qu’ils laissent passer de l’air non filtré.

Il existe alors des masques « de protection respiratoire » (type FFP2), équipés d’un dispositif de filtration des poussières et des agents pathogènes. Ils sont indiqués pour les « personnes en contact avec des personnes malades, pour éviter de contaminer les infirmières ou les médecins qui les prennent en charge », a noté Agnès Buzyn. Pour ces derniers, le port de gants et de lunettes de protection est également prévu, a rappelé Jérôme Salomon.

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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