Le marché automobile sera sans sur-stocks au moment de la reprise

Le marché de l’automobile est à l’arrêt : usines et concessions sont fermées. Flavien Neuvy, Directeur de l’Observatoire Cetelem, nous explique comment la sortie de crise peut être envisagée une fois le confinement levé.

Les constructeurs automobile seront amenés à faire des offres commerciales attractives pour séduire les clients une fois le confinement levé. Crédit iStock.

Comme un grand nombre de secteurs, le marché de l’automobile est à l’arrêt. Il avait déjà enregistré un mauvais début d’année, avec des immatriculations en recul sur un an de 13,4% et de 2,7% respectivement pour les mois de janvier et de février.

Les concessions automobiles sont aujourd’hui fermées, et personne ne saurait dire quand elles pourront rouvrir. Une fois le confinement levé, la question est de savoir comment les constructeurs automobiles essaieront de rattraper le temps perdu, et quel sera le comportement des consommateurs.

Flavien Neuvy, Directeur de l’Observatoire Cetelem, se montre très prudent quant à la sortie de crise : « nous vivons une crise inédite, nous sommes en terre inconnue ; il n’existe pas de modèle intégrant une telle crise sanitaire ». Et d’indiquer : « tant que le pic de l’épidémie n’aura pas été atteint, il est impossible de faire des prévisions. Cela relèverait plus du pronostic que de la prospective ».

Il est en revanche possible d’établir un état des lieux. La crise sanitaire bloque l’ensemble du système, la demande d’un côté, la production de voitures de l’autre. Flavien Neuvy analyse ainsi la situation : « toutes les usines des constructeurs sont à l’arrêt, il ne devrait pas y avoir de sur-stocks, à la différence de la crise de 2008 où les usines continuaient de tourner alors que la consommation s’effondrait. » Et d’ajouter : « je ne pense pas que les constructeurs auront des stocks énormes à écouler coûte que coûte une fois la crise sanitaire finie ».

La voiture, pas une priorité

Les constructeurs devraient néanmoins faire des offres marketing et commerciales agressives, selon les modèles et les marques, afin de relancer la machine et de rattraper ce qui peut l’être.

Les consommateurs, de leur côté, seront-ils réceptifs à ces offres ? « L’achat d’une voiture ne répond pas à un besoin de première nécessité, indique le Directeur de l’Observatoire Cetelem. Il s’agit d’un marché de renouvellement. Les premiers réflexes des ménages au moment du retour à la normale consistera plutôt à aller au restaurant, à préparer les vacances, etc. »

« C’est pourquoi les constructeurs devront redoubler leurs efforts marketing pour attirer les clients », ajoute-t-il.

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La reprise du marché auto ne pourra être que progressive. D’autant que les problèmes structurels de l’industrie, – baisse tendancielle des ventes de voitures neuves, respect des normes environnementales, etc -, seront toujours là.

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