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L’enseigne de chaussures « André », première victime économique du coronavirus

La marque « André » est la première entreprise française victime de l’épidémie de coronavirus. Elle a été placée en redressement judiciaire.

Crédit: iStock.

L’entreprise qui détient la marque « André » a déposé le bilan le 23 mars et la décision de son placement en redressement judiciaire vient d’être validée par le tribunal de commerce de Grenoble. L’enseigne de chaussures avait dû fermer tous ses magasins -100 points de vente, 700 employés- le 16 mars. Elle a perdu ensuite près de 4 millions d’euros en 15 jours.

250 000 euros de perte de chiffre d’affaires par jour

Le PDG du groupe Spartoo explique que depuis le rachat de la marque, l’enseigne a subi les gilets jaunes, puis les grèves liées à la réforme des retraites et enfin, la pandémie du Covid-19. Boris Saradaglia précise que le groupe perdait « 250 000 euros par jour de chiffre d’affaires » et que « c’est la fermeture des magasins au 16 mars en France qui a accéléré » la chute de l’entreprise.

L’enseigne « André » est plus que centenaire : elle a été fondée à la fin du XIXe siècle par un industriel alsacien à Paris. Mais elle était vacillante depuis des années : plombée par la mode des baskets et des sites en ligne de chaussures de sport selon Le Monde, elle avait été rachetée en 2018.

Pas de prêt accordé par la BPI selon le PDG du groupe

Le PDG du groupe dit avoir demandé un prêt à la Banque publique d’investissement (BPI) pour pouvoir solder ses problèmes de trésorerie, sans succès. Boris Saragaglia explique au Monde que la banque d’Etat « n’a pas donné suite » à son dossier sans « même » en avoir obtenu les « raisons ».

L’enseigne « André » entre donc en période d’observation, ce qui est la norme en cas de redressement judiciaire. Mais le contexte est jugé par le PDG de Spartoo comme « ubuesque » puisque les magasins sont tous fermés que la marque de chaussures ne réalise aucun chiffre d’affaires depuis la mi-mars.

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Pour éviter la faillite, les entreprises ont la possibilité de recourir au chômage partiel, rappelle LCI. 400 000 en ont déjà fait la demande, pour 4 millions de salariés en France.