Quelles répercussions du confinement sur les opérations bancaires en ligne ?

Alors que Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française (FBF) et directeur de la Société Générale, a déclaré que « La plupart des agences resteront ouvertes pour assurer la continuité des services », les banques en ligne, quant à elles, semblent mieux résister à la crise économique du moment. Explications.

Les banques en ligne résisteraient mieux à la crise financière. Crédit : iSTock.

Les banques, comme les commerces de proximité (alimentation, pharmacie, etc) sont appelées à rester ouvertes, malgré le confinement pour lutter contre l’épidémie du covid-19. Les banques traditionnelles ont donc pris des mesures sanitaires pour que leurs employés puissent accueillir leur client dans les meilleures conditions.
Qu’en est-il des banques en ligne ? Sont-elles mieux préparées face à une crise économique comme celle du coronavirus qui oblige les Français à rester chez eux ? Quels sont les comportements des clients des néobanques pendant le confinement ? Réponses avec Benoît Grisoni, directeur général de Boursorama.

Entre clairvoyance et prudence. C’est le premier constat de Benoît Grisoni, face à l’épisode inédit du moment. Pour le directeur général de Boursorama, la banque en ligne, leader sur son marché, arrive finalement à bien tirer son épingle du jeu. Les mouvements sur les comptes bancaires des clients sont certes un peu moins nombreux, mais il note un appétit pour les investissements en bourse.

Les banques en ligne mieux préparées

« Tout d’abord, nous avons agi à différents niveaux pour sécuriser en premier lieu nos collaborateurs avec du télétravail étendu. Notre modèle relationnel répond plutôt aux caractéristiques de cette crise. Tous nos conseillers assurent une présence, similaire à la période avant le confinement, c’est-à-dire à distance, par mail ou au téléphone », explique tout d’abord Benoît Grisoni.
Les banques en ligne seraient donc mieux préparées face à de tels événements. « Plutôt oui car, chez Boursorama, les clients peuvent tout gérer à distance et ils ont toute l’information financière en temps réel. Depuis le début du confinement, les audiences du site progressent fortement, elles représentent deux fois la moyenne de 2019. Les gens recherchent des informations sur la Bourse, veulent comprendre ce qui se passe sur les marchés financiers. Ils peuvent d’ailleurs bénéficier de webinaires thématiques », détaille le directeur de Boursorama.

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Regain d’intérêt pour la bourse

En pleine tempête financière, les clients de la banque en ligne ont manifesté leur intérêt pour la Bourse. « Si on regarde les ouvertures de comptes en PEA, on est sur un rythme cinq fois supérieur à celui d’il y a un an par exemple, et deux fois plus qu’en novembre 2019. Nos nouveaux clients sont plutôt jeunes, trentenaires, ils veulent prendre position sur des valeurs, qui actuellement, avec la baisse des marchés, leurs paraissent attractives. Je pense à LVMH ou Danone. Ils profitent de la période de crise pour se positionner sur des actions « prestigieuses », inaccessibles à leur niveau habituel », précise-t-il.

Cet engouement pour la bourse suit un bon rythme depuis le dernier trimestre 2019 chez Boursorama. Et cela a encore fortement augmenté depuis février dernier. « Près de 70% des ordres de bourse sont des achats. Il s’agit de valeurs premium pour les plus jeunes, nos clients historiques, quant à eux puisent dans leurs liquidités pour se positionner sur des valeurs qui ont fortement perdu ou pour se renforcer sur certaines qu’ils détenaient déjà », indique Benoît Grisoni.

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Des transactions bancaires en berne

En revanche, côté consommation courante et crédit, les particuliers ont mis un frein à leurs dépenses et projets. Que font-ils pendant cette période de confinement ? Ils épargnent ! « La consommation est au ralentie (sauf pour l’alimentation, la VOD et le e-commerce), les paiements en CB sont en forte baisse, mais les montants sont beaucoup plus élevés. Automatiquement, nous constatons des mouvements de collecte importants vers l’épargne de précaution, de type Livret A ou LDDS », analyse Benoît Grisoni. La stratégie de déconfinement est à nouveau pointée par l’expert financier. « Tout dépendra de la façon dont la fin du déconfinement va se passer. Va-t-on pouvoir reprendre ses projets immobiliers de suite ? comment les particuliers vont-ils organiser les vacances d’été ? A mon avis, les demandes de crédits à la consommation et immobiliers redémarreront plutôt à la rentrée, pas avant », conclut Benoît Grisoni.

D’ici là, les Français vont donc continuer à être prudents, tout porte à croire qu’ils vont continuer sur leur lancée de collecte sur des livrets d’épargne. Même si ceux-ci ont vu leur taux d’intérêt être au plus bas en février 2020, il semblerait qu’ils restent la valeur sûre de cette crise financière.

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