Coronavirus : des associations demandent le plafonnement des frais bancaires pour tous

Les associations CLCV et Unaf demandent la généralisation du plafonnement des frais bancaires afin de soutenir les ménages en difficulté dont le nombre va inexorablement croître avec la crise sanitaire.

Les frais d’incidents bancaires pour les clients détenteurs de l’offre spécifique mais aussi pour la clientèle fragile sont plafonnés. Les bénéficiaires de l’offre spécifique ne peuvent être facturés plus de 20 euros par mois et 200 euros par an, et les personnes fragiles financièrement pas plus de 25 euros par mois. Crédit: iStock.

Les associations CLCV et Unaf appellent à une généralisation du plafonnement des frais bancaires afin de soutenir les ménages en difficulté dont la proportion va augmenter avec la crise économique provoquée par l’épidémie de Covid-19.

« Si la crise des gilets jaunes a permis de premières avancées, l’urgence sociale liée à la crise sanitaire actuelle justifie une accélération du processus » de plafonnement, estime l’Unaf (Union nationale des associations familiales) dans un communiqué.

« La proposition de loi programmée fin mai au Sénat sur l’encadrement des frais d’incidents bancaires doit constituer une opportunité décisive pour permettre enfin une tarification responsable des banques pour tous les consommateurs », plaide-t-elle.

L’association de défense des consommateurs CLCV demande de son côté dans un communiqué « la généralisation du plafonnement mensuel des frais bancaires à 25 euros » au cours de l’année.

« Nous ne connaissons pas encore l’ampleur de la crise économique sur le long terme, mais force est de constater qu’avec 10 millions de personnes au chômage technique, la clientèle ciblée initialement par le plafonnement va exploser », prévoit-elle.

Les frais déjà plafonnés pour les bénéficiaires de l’offre spécifique

Conséquence pour partie du mouvement des « gilets jaunes », le secteur bancaire français s’était engagé fin 2018 auprès du gouvernement à plafonner les frais d’incidents bancaires pour les clients détenteurs de l’« offre spécifique » – comprenant des services de base pour trois euros mensuels maximum – mais aussi pour la clientèle fragile, estimée à 3,4 millions de personnes à fin 2018.

Les bénéficiaires de l’offre spécifique ne peuvent être facturés plus de 20 euros par mois et 200 euros par an, et les personnes fragiles financièrement pas plus de 25 euros par mois.

Les banques avaient également promis de promouvoir plus largement l’offre spécifique.

Sollicitée par l’AFP, la Fédération bancaire française (FBF) a souligné la « série d’engagements forts (pris) à destination des publics en situation de fragilité financière » depuis plusieurs années.

« La profession bancaire travaillera avec le gouvernement pour améliorer les critères d’accès et de sortie du dispositif (pour la clientèle fragile) dans le contexte de la crise que nous traversons. Le calendrier de travail sera court, d’ici mi ou fin juin », explique la FBF.

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Mais le plafonnement généralisé des frais bancaires ne se « justifie nullement », les frais bancaires représentant « dans leur ensemble » 0,4% du budget des ménages, selon l’organisme de lobby des banques françaises.

CLCV indique avoir envoyé mercredi une lettre au ministre de l’Economie Bruno Le Maire pour obtenir « un engagement public du secteur bancaire à généraliser le plafonnement des frais bancaires si cette mesure n’est pas envisageable » par ordonnance.

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