Un patron sur cinq pense qu’il devra licencier dans les mois à venir

Plus d’un chef d’entreprise sur cinq, soit 22% pense qu’il devra licencier dans les prochains mois, selon une enquête réalisée par StaffMe.

Les licenciements pourraient avoisiner 20% des effectifs. Crédit: iStock.

Le choc de l’épidémie de coronavirus sera important sur le marché du Travail. Une enquête de StaffMe, révélée par Le Parisien, établit que 22% des chefs d’entreprise, soit plus d’un sur cinq, sera contraint de se séparer d’une partie de ses salariés, dans les mois à venir. Si les entreprises françaises ont été maintenues à flot depuis le confinement grâce aux aides de l’État, via les prêts garantis, les reports de charges ou encore le chômage partiel, les mois qui viennent risquent d’être plus compliqués. Depuis le déconfinement, « le malade endormi sort du coma. On va pouvoir commencer l’état des lieux », confie anonymement un haut fonctionnaire de Bercy au quotidien national.

Selon les résultats de l’enquête menée par la start-up spécialisée dans la mise en relation entre entreprises et indépendants, les licenciements pourraient avoisiner 20% des effectifs. « Beaucoup (de patrons) anticipent la fin du chômage partiel, qui leur a permis de tenir jusqu’ici », analyse Jean-Baptiste Achard, directeur général de StaffMe, qui travaille avec 3 700 entreprises de toutes tailles. « Ils ne voient pas d’autre choix que de licencier pour éviter la faillite », précise-t-il. Selon le baromètre de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Hauts-de-France mi-mai, 19% des patrons envisagent de tailler dans leurs effectifs dans la région.

Baisse en « trompe l’œil » du chômage au premier trimestre 2020

Pourtant, le taux de chômage a diminué au premier trimestre de 2020, de 0,3 point, pour atteindre 7,8%. Mais cette baisse « en trompe l’œil » selon l’Insee est due au confinement de la deuxième quinzaine de mars, avec un « fort recul du nombre de personnes sans emploi se déclarant disponibles ou en recherche active d’emploi ». De plus, une étude flash de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), parue mercredi 20 mai, confirme que la tendance pourrait changer dans les semaines à venir. « Si les réductions d’effectifs restent limitées, elles augmentent toutefois légèrement par rapport à mars, et passent davantage par le non-renouvellement de CDD, mais aussi par une hausse des licenciements de CDI ou des ruptures conventionnelles », analyse les auteurs de l’étude.

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Plusieurs grands groupes internationaux ont annoncé des licenciements à venir : Airbnb, Sodexo, TUI, ou encore Uber. L’ampleur des dégâts en France n’est pas encore connue. Du côté des entreprises tricolores, plusieurs sont en difficulté (redressement judiciaire notamment), dans les secteurs de l’ameublement et du textile : André, Alinéa, Conforama, La Halle… Des milliers d’emplois y sont menacés, comme dans la filière automobile. En effet, Renault pourrait fermer plusieurs sites, notamment l’usine de Flins, dans les Yvelines.

Les patrons redoutent les défaillances des fournisseurs stratégiques

L’étude de StaffMe révèle également qu’un tiers des patrons redoute l’hémorragie potentiellement provoquée par la défaillance de certains fournisseurs stratégiques. « Cela signifie des risques de faillites en cascades et des effets en termes de destructions d’emplois », explique au Parisien Olivier Wajnsztok, directeur associé du cabinet de conseil AgileBuyer.

Le président de l’U2P, principale organisation des artisans et commerçants, tempère les résultats de l’étude. Alain Griset estime qu’il est trop tôt pour connaître l’ampleur des dégâts. « Il y aura de la casse, c’est certain », affirme le dirigeant. « Aurons-nous 40 000 faillites d’entreprises, comme c’est le cas chaque année ? Ou bien 80 000 ? 500 000 ? Tout dépendra de la consommation des ménages. Et de l’accompagnement de l’État : le chômage partiel doit perdurer jusqu’en septembre, voire octobre, novembre », plaide le président de l’U2P.

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