A partir de quel seuil devient-on riche?

L’observatoire des inégalités dévoile un rapport sur la richesse en France, montrant au passage que la définition des seuils de richesse est une affaire d’appréciation tout comme le choix des critères pris en compte.

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D’emblée, dans l’éditorial des auteurs, une phrase relativise le propos de l’étude intitulée « Rapport sur les Riches en France » : « ceux qui pensent trouver avec cet ouvrage un brûlot anti-élite auront quelques surprises. Ce rapport a un seul objectif : décrire la situation des couches aisées de notre pays dont on connaît peu de choses, à l’inverse des pauvres qui font couler beaucoup d’encre et sont l’objet de tonnes de livres et de dizaines d’enquêtes chaque année ».
En effet, l’actualité principale de cette publication réside dans le fait d’être le « premier » rapport à se pencher en détail sur le niveau de vie des Français les plus aisés. Les auteurs précisent que « au sujet des riches, la littérature est beaucoup moins développée. Combien gagnent-ils ? Comment évoluent leurs revenus ? On n’en sait rien ou presque. Il n’existe même pas de seuil de richesse officiel, à l’instar du seuil de pauvreté, largement utilisé ».

Etablir un seuil de richesse

Beaucoup n’auront qu’une idée en tête : pointer les « 5 millions de riches » dénombrés par le rapport. Mais la question que posent précisément les auteurs avec leur étude est celle-ci : « qu’est-ce qu’être riche ? ». En d’autres termes, est-on riche par les revenus ? Par le patrimoine familial ? La réussite ?
Pour arriver à leurs conclusions, les auteurs pointent du doigt le manque d’études sur le sujet et établissent un « seuil de richesse ». Pourquoi ? Peut-être parce que c’est encore difficile à établir. Ils prennent comme comparaison l’Insee qui établi un « seuil de pauvreté » régulièrement mis à jour et rendu public, notamment à des fins sociales, pour permettre à une catégorie de la population d’accéder à des aides justifiées selon des critères clairement définis.

« L’Observatoire des inégalités est le seul organisme en France à publier chaque année un seuil de richesse, seuil que nous estimons au double du niveau de vie médian, soit aux alentours de 3 500 euros net mensuels après impôts pour un adulte » précise l’étude. 

Le seuil de richesse, établi par l’observatoire des inégalités, est fixé cette année à 3 470 euros pour une personne seule, après impôts, soit le double du niveau de vie médian que l’Insee fixe à 1 735 euros (en 2017). Ce sont donc 5 millions de personnes qui gagnent plus que ce seuil de richesse. Ce dernier chiffre est l’une des raisons principales du choix des auteurs de faire un focus. Il correspond en effet à 8,2% de la population et de l’autre côté de l’échelle, on retrouve 8% de personnes qui vivent avec moins de 867 euros, en dessous du seuil de pauvreté (1026 euros pour une personne, selon l’Insee).

Répartition des plus riches

Regardons maintenant les données de l’étude du point de vue du patrimoine des catégories les plus aisées (immobilier, actifs financiers, dépôts bancaires, etc). L’observatoire fait état de 23 % des ménages qui détiennent au moins le double du patrimoine brut médian, c’est-à-dire plus de 320 000 euros, et 16% détiennent au moins le triple soit plus de 490 000 euros. Et c’est cette valeur qui est prise comme « seuil de richesse » en termes de patrimoine soit 4,6 millions de ménages dits « fortunés ».
Et l’étude va plus loin. Les « hauts patrimoines », définis par l’Insee comme les 10% des Français les plus fortunés, possèdent au moins 607 700 euros de biens, cela représente 2,9 millions de ménages. Plus haut dans la hiérarchie des très riches, il y aurait selon l’étude, 1,2 million de millionnaires (4% des ménages).
Pour les auteurs, concrètement être « riche » c’est aussi, un élément moins directement corrélé aux revenus et au patrimoine, par exemple, « avoir un emploi peu menacé par le chômage à court terme. C’est aussi contrôler son temps, son travail. C’est aussi avoir un bon réseau de relations, d’amis, de collègues, ou familial, sur lequel on peut compter en cas de difficultés ».

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