Plus de 500 000 emplois détruits entre janvier et mars en France

L’Insee publie ses données jeudi 11 juin : un demi-million d’emplois ont été détruits au premier trimestre 2020, principalement dans l’intérim.

Cette chute vertigineuse est principalement due à l’intérim : un effondrement de 40,4%. Crédit : SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Le premier trimestre de l’année a été marqué par la crise liée au coronavirus et le confinement : en conséquence, l’emploi a chuté de 2% entre janvier et mars, soit 502 400 emplois détruits en France. Dans le secteur privé, l’Insee évalue la destruction nette d’emploi à 497 400 soit 2,5% de baisse, et dans le secteur public à 4 900, un recul plus limité à 0,1%. Sur un an, l’emploi salarié chute de 304 700 soit 1,2% de baisse.

Cette chute vertigineuse est principalement due à l’intérim, qui a plongé avec 318 100 emplois détruits : un effondrement de 40,4%. Hors intérim, la baisse s’établit à 0,7% et 184 300 emplois détruits. L’emploi intérimaire retrouve un niveau comparable à celui de 2009, en pleine crise financière. Le recul s’était alors établi à environ 13%. La baisse actuelle est la plus importante depuis le début de cette série statistique, il y a trente ans.

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Dans les détails, secteur par secteur, l’emploi industriel recule, toujours au premier trimestre 2020, de 0,4% soit 11 300 emplois en moins. Même taux dans la construction, -0,4% et 5 600 emplois détruits, alors que le chiffre n’avait pas baissé depuis fin 2016. L’Insee note toutefois que le secteur de la construction reste dynamique en raison des trimestres précédents et l’emploi reste supérieur de 24 500 à son niveau un an plus tôt soit une hausse de 1,8% en un an.

L’hébergement-restauration et les services aux ménages sont fortement touchés

Dans le secteur marchand, l’emploi chute aussi, surtout dans l’intérim, avec 468 400 destructions nettes et -3,7%. Hors intérim, la baisse est moins forte, – 150 300 emplois. Il retrouve son niveau de l’année précédente, annulant les hausses des trois trimestres précédents. L’hébergement-restauration et les services aux ménages sont fortement touchés, tandis que le secteur des transports et celui du commerce connaissent un recul moins accentué. Dans les services non-marchands, la baisse est de 0,2% avec 15 500 destructions d’emploi, restant légèrement supérieur à son niveau un an auparavant.

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L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie ses estimations trimestrielles d’emploi salarié en partenariat avec l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Les prochaines estimations, du deuxième trimestre, sont prévues en août.

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