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Le plafond d’utilisation des tickets restaurant passe enfin à 38 euros

Les décrets d’application sont finalement sortis jeudi 11 juin : il est désormais possible de payer jusqu’à 38 euros avec ses tickets restaurant, et c’est valable les dimanches et jours fériés, jusque fin 2020.

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Les restaurateurs l’attendaient avec impatience. Le plafond d’utilisation des tickets restaurant a enfin été relevé : il passe officiellement de 19 à 38 euros. Les décrets d’application ont été publiés jeudi 11 juin. De plus, la mesure est valable aussi les dimanches et jours fériés, jusqu’à la fin de l’année. Attention, le relèvement de ce plafond n’est valable que dans les restaurants, les brasseries ou les cafés, pas dans les grandes surfaces. Le gouvernement a finalement abandonné l’idée de relever le plafond à 95 euros pour booster les achats.

Cette mesure satisfait les professionnels de la restauration, à l’image du président du GNI-Synhorcat, Didier Chenet, qui espère qu’elle va « booster » leur économie. « Cela va contribuer à relancer les établissements », confirme dans Le Parisien Julien Tanguy, directeur général d’Edenred, leader des tickets resto. La France compte 4,4 millions d’utilisateurs de ces moyens de paiement et avec le confinement et la fermeture des restaurants, ils n’ont pas dépensé « 1,5 milliard d’euros » environ, selon le ministère de l’Économie et des Finances. « Certains ont même désormais entre 400 et 700 euros en tickets restaurant ! » précise Loïc Soubeyrand, président de Swile. L’entrée en vigueur de la mesure, à partir de vendredi 12 juin, va permettre aux salariés de dépenser plus vite l’argent épargné, « et d’accélérer le ruissellement de cet argent sur les restaurateurs », se réjouit Julien Tanguy.

Commissions trop élevées

Un propriétaire de restaurants parisiens tempère cette décision. « Le plus important pour nous serait qu’on en finisse enfin avec le télétravail », déclare David Zenouta au quotidien. Il dénonce les commissions trop élevées prélevées par les émetteurs des tickets restaurant, soit entre 3,5 et 5% de l’addition. « Si un client paie désormais 38 euros en tickets, alors qu’avant, il payait la moitié en liquide ou en chèque, mes commissions vont bondir », explique un autre restaurateur, Lionel Malière, du « Petit Vendôme » à Paris.

>> Budget: le gouvernement veut déplafonner les tickets restaurant (s’ouvre dans un nouvel onglet) »>À LIRE >>> Budget: le gouvernement veut déplafonner les tickets restaurant

Les émetteurs de tickets resto se défendent. « Oui, nous demandons une commission, mais nous sommes apporteurs d’affaires », explique Julien Tanguy, d’Edenred. « Pour 23 porteurs de tickets restaurant, vous créez un emploi dans un restaurant », précise-t-il. Les commissions demandées seraient bien moindres selon lui que celles demandées par les plateformes de livraison, soit entre 20 et 30%.