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Insee: l’activité économique reprend, un mois après le déconfinement

L’Insee table sur une baisse de 17% du PIB au deuxième trimestre, revoyant ses prévisions de fin mai légèrement à la hausse.

L’activité économique française se redresse progressivement, un mois après la fin du confinement. La reprise est « très nette » au mois de mai, selon l’Insee, qui revoit légèrement à la hausse ses prévisions : le PIB devrait finalement chuter de 17% au deuxième trimestre. L’institut national de la statistique et des études économiques prévoyait une contraction de 20% du PIB dans ses estimations livrées à la fin du mois dernier. Le mois d’avril « restera sans doute, dans les annales, comme l’un des pires mois qu’ait connu l’économie française en temps de paix ». La perte se limiterait à 12% au mois de juin, par rapport à une situation « normale », écrit l’Insee, après une baisse de 22% en mai en moyenne.

L’économie française a été placée « sous anesthésie », en raison des différents dispositifs mis en place par le gouvernement pour soutenir les entreprises et les ménages : fonds de solidarité, chômage partiel, prêts garantis par l’État… Les « conditions qui rendent un redémarrage possible » ont été réunies. De plus, la consommation des ménages a rebondi lors de la réouverture des commerces. Elle est revenue en mai à 7% sous son niveau habituel, contre 31% sous la normale en avril, et elle devrait être limitée à 5% en juin, selon les données compilées grâce aux montants des transactions par cartes bancaires, conjugués avec les données de caisse transmises par quelques enseignes de la grande distribution.

Le retour à la normale est difficilement prévisible

Cependant, « ce constat ne permet pas de prédire le moment où l’économie sera revenue à son niveau d’avant crise », selon l’institut. Certains secteurs ont été durement touchés, comme les transports aériens et la production automobile. Des interrogations demeurent sur le comportement à venir des entreprises en matière d’investissement. Le comportement des consommateurs est aussi difficile à anticiper car ils peuvent être tentés par « l’attentisme, pour des motifs de prudence sanitaire ou de précaution économique », après avoir épargné lors du confinement, car « un demi-million d’emplois » ont été détruits au premier trimestre, rappelle l’Insee.  Les craintes des Français sur l’évolution du chômage sont fortes.

>> Les prix à la consommation ont légèrement augmenté en mai selon l’Insee (s’ouvre dans un nouvel onglet) »>À LIRE >>> Les prix à la consommation ont légèrement augmenté en mai selon l’Insee

Autre changement, le nombre de déplacements matinaux, pouvant s’apparenter à des trajets du domicile vers le lieu de travail : il n’est remonté fin mai qu’à environ 60% de ce que ces déplacements représentaient en février, selon les données fournies par la téléphonie mobile. Pour l’Insee, cela traduit « une reprise progressive de l’activité, mais aussi sans doute le maintien d’une large part de télétravail pour certaines professions et dans certains territoires ».