Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes se réduisent depuis quarante ans, selon l’Insee

Le volume de travail et le type d’emploi occupé expliquent en partie les écarts de salaire entre les femmes et les hommes, selon le dernier bulletin de l’Insee, daté de juin.

L’Insee a relevé que les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8% de moins que les hommes en 2017 en France, à temps plein. Crédit: iStock.

L’Insee publie une étude jeudi 18 juin sur les inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes, et les raisons évoquées sont multiples.

Premier constat, les femmes travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes, ce qui crée une première différence en terme de temps de travail. Le volume d’heures travaillées impacte sur le revenu salarial des femmes. De plus, pour un même volume de travail, les inégalités de salaire s’accroissent tout au long de la carrière des femmes : l’Insee explique que cela vient du fait que les femmes et les hommes ne travaillent pas dans les mêmes secteurs et n’occupent pas les mêmes emplois. Les femmes accèdent moins aux métiers les mieux rémunérés, et c’est particulièrement criant concernant les salariées avec enfants. Toutefois, l’Institut national de la statistique et des études économiques relève que les écarts de salaire, pour un même volume de travail, réduisent régulièrement depuis quarante ans, et même d’un quart depuis 2000.

Dans les détails, l’Insee a relevé que les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8% de moins que les hommes en 2017 en France, à temps plein. Si l’on ajoute les inégalités de volume de travail, les femmes perçoivent une rémunération inférieure en moyenne de 28,5% à celle des hommes. Toutefois, pour un même volume de travail, « les écarts de salaire entre les sexes se réduisent depuis quarante ans à un rythme régulier » écrivent les auteurs de l’étude : ils étaient de 29,4% en 1976, contre 16,3% en 2017, soit 0,3 point de moins par an en moyenne. L’écart de revenu salarial est en revanche plus irrégulier, avec une stagnation entre 1980 et 2000, après une baisse de 0,5 point par an jusqu’à la fin des années 1970. Depuis vingt ans, l’écart se réduit à nouveau, de 0,4 point par an en moyenne.

L’écart de salaire hommes-femmes est important pour les plus diplômés

Autres points d’inégalités, le niveau de diplôme et l’avancement dans la carrière. L’écart de salaire en Équivalent temps plein (EQTP) atteint 29,4% pour les titulaires d’un Bac + 3 ou plus, contre 15,8% pour ceux qui n’ont pas le bac. Les inégalités de volume de travail sont en revanche deux fois plus importantes pour les salariés non diplômés. L’écart de revenu salarial est, au total, plus élevé pour les diplômés et les écarts de salaire entre les sexes augmentent avec l’expérience professionnelle, puisqu’ils sont de 6,4% en 2017 pour les personnes avec cinq ans d’expérience, pour atteindre 21,7% pour celles qui ont plus de trente ans de carrière.

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« À cet effet s’ajoute celui de la ségrégation professionnelle : les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes métiers, ne travaillent pas dans les mêmes secteurs ou les mêmes entreprises » écrivent les auteurs de l’étude de l’Insee. 40% des salariées exercent une des vingt professions les plus courantes pour les femmes, comme employées des services comptables ou encore secrétaires, et 29% des hommes seulement occupent des professions traditionnellement plus masculines, comme ingénieurs en informatique ou encore conducteurs routiers. Trois professions sur vingt sont communes aux deux sexes : nettoyeurs, employés de libre-service du commerce et aides de cuisine. La santé et l’action sociale représentent une part substantielle de l’emploi féminin contre la construction, le transport et l’entreposage pour l’emploi masculin.

Les inégalités hiérarchiques sont aussi des facteurs d’écart de salaire

Une ségrégation professionnelle qui va de pair avec des inégalités hiérarchiques, puisque 22,8% des postes occupés par les hommes sont des emplois de cadre, contre 17,5% des femmes, toujours en 2017. L’écart de salaire moyen en EQTP entre les femmes et les hommes pour un même poste se réduit à 5,3% dans le secteur privé. De plus, l’accès aux emplois les mieux rémunérés est moins fréquent pour les femmes. « La probabilité pour une femme d’accéder à un emploi parmi les 10 % les mieux rémunérés est de 36 % inférieure à celle des hommes en 2017, contre 48 % en 1997 », selon l’Insee. Et si l’on parle des 1% d’emplois les mieux rémunérés, la probabilité d’accès est inférieure de 58% pour les femmes, contre 76% il y a vingt ans.

Enfin, dernier enseignement de cette étude, l’accès aux emplois les mieux rémunérés pour les mères. Les inégalités de salaire s’accroissent fortement avec le nombre d’enfants : « le salaire des femmes est inférieur de 21 % à celui des hommes pour les parents de deux enfants, et de 31 % pour les parents de trois enfants ou plus, contre 12 % pour ceux ayant un seul enfant et 7 % pour les personnes sans enfant ».

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