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Les cadres sont pessimistes sur leur niveau de vie

Le baromètre Viavoice pour HEC, le Figaro et BFM Business révèle que les cadres n’ont pas le moral : l’indice se stabilise à – 42 en juillet.

Les cadres ne sont pas optimistes : le confinement est passé par là et leur moral a chuté. C’est le principal enseignement du baromètre Viavoice pour HEC, Le Figaro et BFM Business, publié lundi 27 juillet. L’étude a été menée entre le 10 et le 15 juillet : 401 décideurs « représentatifs de la population des cadres résidant en France métropolitaine » ont été interrogés. L’indice du moral des décideurs a atteint – 43 en mai, pour se stabiliser à – 42 en juillet, selon le baromètre. Il prend en compte les indicateurs basés sur les réponses du panel, concernant le chômage, niveau de vie et la motivation des collaborateurs.

Dans les détails, les décideurs sont 71% à penser que le niveau de vie va se dégrader dans les mois à venir. Seulement 18% pensent le contraire et restent optimistes. L’an dernier, ils étaient 34% à être pessimistes et 27% à penser que le niveau de vie s’améliorerait. Les cadres ont commencé à avoir le moral en berne avant la crise sanitaire et le confinement, puisque 56% se déclaraient pessimistes en janvier, soit en pleine grève contre la réforme des retraites. Du côté du grand public, le pessimisme est aussi en hausse avec 70% des personnes interrogées déclarant s’inquiéter pour l’avenir, et seulement 17% estimant que la situation va s’améliorer. Concernant l’échantillon grand public « représentatif de la population âgée de 18 ans et plus » (âge, sexe, région et profession pris en compte), 1001 personnes ont été interviewées.

85% des décideurs pensent que le chômage va augmenter

L’écart entre les cadres optimistes et pessimistes est encore plus marqué concernant le chômage : 10% d’entre eux pensent en juillet que le chômage va baisser (ils étaient 6% seulement en mai). En revanche, 85% estiment que le nombre de chômeurs va augmenter (89% en mai). Les chiffres sont équivalents au sein de l’échantillon grand public : 86% de la population est pessimiste concernant le chômage en juillet.

A propos des ressources financières, le moral n’est pas non plus au beau fixe : seulement 16% des décideurs interrogés envisagent en juillet une revalorisation salariale, contre 30% en janvier dernier. Au contraire, 45% d’entre eux craignent une baisse de salaire, contre 48% en mai. Encore une fois, les chiffres sont sensiblement les mêmes pour la population générale. Toutefois, les cadres restent motivés malgré les craintes quant à leur avenir, puisque 51% d’entre eux disent que leurs collaborateurs sont motivés, alors qu’ils n’étaient que 39% en novembre 2019. 44% disent que leurs collègues sont au contraire démotivés (57% l’an dernier). Même constat dans le panel grand public avec 43% de personnes motivées en juillet contre 31% en septembre dernier. Concernant leur carrière, 77% des cadres et 74% de la population générale estiment que les opportunités sont faibles dans les mois qui viennent.

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Pas prêts à renoncer aux acquis sociaux

Pour sauver l’emploi, les Français interrogés sont prêts à accepter de fournir des efforts : 37% des décideurs et 27% de la population générale accepteraient de plus grandes amplitudes du temps de travail d’une semaine à l’autre. Cependant, « 51 % des Décideurs et 55 % du grand public estiment que nous ne pouvons pas demander aux Français d’augmenter leur temps de travail étant un acquis social qu’on ne peut remettre en question » précise la synthèse du baromètre. Dans les détails, peu sont prêts à renoncer aux RTT ou à voir leurs salaires stagner sur plusieurs années. Cependant, un tiers des Français dit être favorable à une augmentation des impôts.