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Insee : en août, l’activité économique a tourné à 95% de son niveau d’avant-crise

Le rebond de l’économie s’est poursuivi cet été, mais de manière moins forte qu’après le confinement.

climat des affaires
Credit: Sébastien SALOM GOMIS/SIPA

La reprise de l’activité économique s’est confirmé le mois précédent, mais l’Insee reste prudent. En effet, dans sa note du mardi 8 septembre, l’institut indique que « l’économie française aurait fonctionné en août à environ 95% de son niveau d’avant-crise ». Le rebond de l’activité depuis la fin du confinement serait mécanique et dû à la reprise de la consommation des ménages. Ces derniers n’ont pas encore connu d’impact sur leurs salaires, en raison des dispositifs d’aides mis en place par l’Etat. « Quand l’activité économique baissait de près de 14% sur le trimestre, les revenus des ménages ne diminuaient ‘que’ d’un peu plus de 2% », écrit l’Insee, qui maintient par ailleurs ses prévisions concernant le PIB : -9% sur l’année 2020.

Le rebond s’est donc poursuivi cet été, mais de manière moins dynamique qu’à la fin du printemps. Pendant la durée du confinement, la production tournait à moins de 70% de ses capacités et en juin, l’activité était réduite de 9% par rapport à son niveau de la fin 2019. En juillet, elle était inférieure de 7% de ce qu’elle était avant la crise sanitaire. « Après cette phase de rebond en partie mécanique, l’économie française aborde la rentrée comme un moteur qui serait tout à la fois bridé et dopé », écrivent les auteurs de la note de conjoncture. Les contraintes sanitaires continuent « de peser sur l’offre », même si elles sont moins drastiques que pendant le confinement, « tandis que la demande risque d’être affectée par les incertitudes sanitaires et économiques qui persistent », estiment les économistes. Ces derniers évoquent particulièrement les secteurs du transport aérien de voyageurs et de l’événementiel qui subissent des « impacts importants et durables ».

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Choc significatif de la demande

Par ailleurs, l’Insee pointe le risque « d’un choc significatif de demande ». En effet, les entreprises craignent « des pertes de débouchés », et dans certains secteurs, comme l’industrie, les carnets de commande ne se remplissent pas vite. Pourtant, le gouvernement a focalisé les aides sur le soutien financier des entreprises en difficulté. Du côté des ménages, leur confiance reste inférieure à son niveau d’avant-crise. L’épargne effectuée ces derniers mois correspond à une consommation entravée et à une épargne de précaution, mesurée uniquement au niveau macroéconomique pour l’instant. Enfin, le taux de chômage pourrait atteindre 9,5% de la population active à la fin de l’année selon la note de l’Insee.