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Sans les prestations sociales, les Français seraient encore plus pauvres selon la Drees

Le taux de pauvreté en France atteindrait plus de 22% de la population sans le versement du RSA, des allocations familiales et autres aides.

Réforme des retraites pension de réversion

La France compte 8,9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie un rapport mardi 22 septembre qui établit que ce chiffre serait beaucoup plus important si le pays n’avait pas de système de versement de prestations sociales. La Drees rappelle que 14,1% de la population métropolitaine est pauvre monétairement, « c’est-à-dire que leur niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 041 euros par mois ». Le taux serait de 22,1% si le RSA, les allocations familiales et autres aides allouées aux ménages les plus précaires n’existaient pas. « L’ensemble du système redistributif réduit ainsi le taux de pauvreté monétaire de 8 points en 2017 », résume le service. « Les taux de pauvreté des familles monoparentales, des familles nombreuses, des jeunes de moins de 20 ans et des personnes d’au moins 15 ans en situation de handicap ou de perte d’autonomie sont ceux qui diminuent le plus sous l’effet de la redistribution », ajoute la Drees.

De plus, la Drees a estimé que 4,25 millions de personnes recevaient un minimum social fin 2018, soit une augmentation de 0,6% par rapport à fin 2017. « En incluant les conjoints et les enfants à charge, ce sont environ 6,9 millions de personnes qui sont couvertes par les minima sociaux, soit 10 % de la population », précise l’ouvrage. Selon le service qui dépend du ministère de la Santé, « une personne seule sans revenu d’activité et locataire de son logement bénéficie de 776 euros mensuels de prestations, soit 505 euros de Revenu de Solidarité Active (…) et 270 euros d’allocations logement ». Se rajoute à ces aides une prime supplémentaire de 150 euros en mai 2020, en raison de la crise sanitaire. Concernant les dépenses liées aux minima sociaux, elles s’élevaient à 27,2 milliards d’euros en 2018, soit 1,2% du PIB.

346 euros par mois en plus en moyenne

Les prestations sociales concernées sont dites « non contributives », c’est-à-dire qu’elles ne nécessitent aucune contribution financière préalable : les prestations familiales, les aides au logement, les minima sociaux, la Garantie jeune et la prime d’activité en font partie. A eux seuls, les trois premiers réduisent d’environ « 2 points chacun le taux de pauvreté ». En 2017, les prestations représentaient 20% du revenu disponible des ménages modestes et 41% de celui des ménages pauvres. « Elles augmentent le niveau de vie des personnes pauvres de 346 euros par mois en moyenne », écrit la Drees.

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Par ailleurs, le chèque énergie et la prime d’activité ont connu une forte augmentation de bénéficiaires en 2019, souligne la Drees. Le plafond pour bénéficier d’aides à la rénovation a été relevé, de 7 700 euros en 2018 à 10 700 en 2019, ce qui a donné lieu à une augmentation de 59% d’envoi de chèques aux ménages en un an, soit 5,7 millions en tout. Le nombre de foyers bénéficiaires de la prime d’activité a, lui, augmenté de 10,9% entre fin 2017 et fin 2018. « Ainsi, fin 2019, 4,50 millions de foyers bénéficient de la prime d’activité », détaille le rapport.