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Rénovation énergétique : une entreprise condamnée pour escroquerie

Crédit: iStock.

Le mode opératoire est souvent le même. Cela commence par du démarchage téléphonique, puis une visite à domicile où tous les moyens sont bons pour faire peur aux clients, les inciter à démarrer des travaux. Le commercial fait signer des papiers et les clients ne se rendent pas compte qu’ils viennent de se faire arnaquer. Envir, entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique a récemment été condamnée par le tribunal correctionnel du Mans. L’UFC-Que choisir s’était portée partie civile. 

Une « première victoire judiciaire »

Pour l’association de consommateurs, il s’agit d’une « première victoire judiciaire » alors que les arnaques aux travaux de rénovation se multiplient. Depuis 2013, c’est la branche de la Sarthe de l’UFC-Que choisir qui surveillait les pratiques douteuses d’Envir, connue également sous le nom de Union Ouest Habitat, puis de HD Energie. Cette dernière arrivait à la sixième place du classement de l’UFC-Que choisir des 15 sociétés totalisant le plus de plaintes. Une centaine de consommateurs se sont plaints auprès de l’association pour des litiges avec cette société. 

Le 31 août dernier, Envir a donc été reconnue coupable d’escroquerie, de pratiques commerciales agressives et du non-respect de certaines règles du démarchage à domicile. Des peines de prison ferme, avec sursis et des interdiction d’exercer une profession commerciale ou de gérer une société ont été prononcées à l’encontre du gérant de l’entreprise et de ses sept collaborateurs. Certains prévenus ont fait appel. 

Démarchage, « dramatisation », surfacturation 

Après le démarchage téléphonique, les commerciaux faisaient le bilan thermique du logement en inscrivant eux-mêmes la lettre D, pour un logement énergivore. « Cette lettre avait pour but de dramatiser et démontrait que des travaux devaient être effectués en urgence », précise l’UFC-Que choisir de la Sarthe. À l’aide de « jargon technique » et de « dramatisation », les commerciaux faisaient ensuite signer un bon de commande en le faisant passer pour un simple document informatif qui n’engage à rien. Par ailleurs, le gérant est accusé d’avoir surfacturé le prix de ses prestations. 

L’association précise qu’une majorité de plaignants a obtenu gain de cause après une négociation à l’amiable. Pour le reste, la justice doit décider du montant éventuel des dommages et intérêts causés aux victimes en avril 2021. En 2019, l’UFC-Que choisir a enregistré plus de 4 000 litiges liés à la rénovation énergétique.