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Les aidants sont inquiets de l’impact de cette activité sur leur travail

Plus de cinq millions de salariés français sont des aidants : ils doivent assister un proche au quotidien, confronté à une perte d’autonomie. La majorité s’inquiète de l’impact de l’aidance sur son travail.

Pour la première fois, l’impact des aidants au sein des entreprises françaises a été étudié : l’étude s’appelle « Aider & travailler 2020 » et elle a été réalisée par Olystic pour plusieurs acteurs de l’aidance (Interfacia, Tilia, Responsage et Le Lab RH). L’enquête, réalisée auprès de plus de 600 aidants ou anciens aidants et de leurs managers et collègues, entre juin et juillet 2020 , montre que parmi les salariés interrogés, 71% évoquent leur inquiétude par rapport à l’impact de l’aidance sur leur travail. De plus, 78% considèrent que le fait d’aider un proche à domicile a un impact négatif, soit un chiffre en hausse ces trois dernières années. Les effets évoqués concernent leur santé (76%), la désorganisation du travail pour soi et pour l’équipe (69%) et la sensible diminution de leur vie sociale (62%). En revanche, pour la moitié des personnes interrogées, l’aidance a un impact positif sur la vie professionnelle.

Aménagement du temps de travail

Plus de trois quarts (77%) des salariés aidants parlent de leur situation sur leur lieu de travail, selon cette enquête. Pour aménager leur temps de travail, près de la moitié (49%) s’adressent à leur manager et 30% en parlent avec la DRH. En effet, 45% des personnes interrogées envisagent de travailler différemment pour s’occuper d’un proche au quotidien. Ce chiffre est en augmentation de 18 points depuis 2017. Les salariés concernés ont besoin de temps pour assister un proche en perte d’autonomie : 40% d’entre eux travaillent à temps partiel, selon cette étude, et ce n’est pas forcément par choix. Il est subi dans les trois quarts des cas, surtout si l’on prend en compte la perte de revenus en conséquence du travail à temps partiel. De plus, la plupart des aidants versent aussi une aide financière au proche dont ils s’occupent, soit 150 euros minimum par mois dans 70% des cas et 500 euros même pour 17%.

Les salariés aidants sont présents dans tous types d’entreprises, environ moitié-moitié entre les sociétés de 250 salariés et plus et celles de moins de 250 employés. Concernant leur âge, il y a quasiment autant de personnes de moins de 50 ans que de plus de 50 ans, 49 et 51% d’entre eux. L’aidance a aussi des conséquences sur le travail des collaborateurs, toujours selon cette étude : 50% des collègues et managers interrogés déclarent être impactés, même si près de la moitié estiment que cet impact est positif sur la cohésion d’équipe, notamment. Ils sont une quasi majorité (97%) à juger importante la mise en place de solutions concrètes par leur entreprise pour prendre en compte cette problématique.

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Les acteurs qui ont participé à cette étude proposent la création d’un statut de salarié-aidant. Ils recommandent aussi d’accompagner les aidants actifs à reprendre une activité professionnelle et de soutenir leur retour à l’emploi, par la facilitation des initiatives individuelles et collectives. En outre, ils préconisent de favoriser les garanties complémentaires assurant une protection sociale de qualité, en plus de la solidarité nationale, aux proches aidants en activité professionnelle (accessibilité, retraite à taux plein malgré un temps partiel à 80%…). En tout, dix propositions sont avancées en faveur du management de l’aidance.

Congé indemnisé possible dès le 1er octobre

Bonne nouvelle : la ministre déléguée à l’Autonomie a annoncé la possibilité pour les aidants de prendre un congé de trois mois, indemnisé, à partir du jeudi 1er octobre. Brigitte Bourguignon s’exprimait à l’occasion d’un colloque organisé sur ce thème, mardi 29 septembre. Il s’agit d’une réforme qui matérialise « un soutien de l’Etat aux huit à 11 millions d’invisibles qui sont les acteurs de première ligne de la solidarité », a-t-elle ajouté. Ce principe de congé rémunéré avait été approuvé par l’Assemblée nationale en 2019. Il peut durer jusqu’à trois mois et il est renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière du salarié. L’indemnité sera d’environ 44 euros par jour pour les personnes vivant en couple et de 52 euros pour une personne seule. Le décret instaurant son entrée en vigueur sera publié mercredi 30 septembre au journal officiel.