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Entreprises : le gouvernement veut réduire les retards de paiement des factures

Le ministre chargé des PME, Alain Griset, annonce vouloir réduire les retards de paiement, en moyenne de 11,5 jours fin 2019, soit un manque à gagner de 19 milliards d’euros pour les petites et moyennes entreprises.

retraites

L’Observatoire des délais de paiement publie son rapport annuel jeudi 8 octobre : il révèle que fin 2019, les retards de paiement atteignaient en moyenne 11,5 jours. Le manque à gagner pour les PME en termes de trésorerie non disponible dans les délais légaux s’élève à 19 milliards d’euros. Pour cette raison, le ministre chargé des PME, Alain Griset, souhaite réduire ces délais et « parvenir à un retard inférieur à dix jours en 2021 », révèle en exclusivité le quotidien Les Echos. En effet, les retards de paiement des factures sont importants en France, même s’ils sont stables : « Nous avons atteint une sorte de plafond de verre, à 11 jours. Ce n’est toutefois pas satisfaisant », précise Alain Griset. « Nos voisins néerlandais ont un retard de quatre jours seulement en moyenne et les Allemands, de sept jours. La différence entre la France et ces deux pays n’est pas normale. »

Le gouvernement souhaite donc encourager les entreprises à régler les factures aux sous-traitants. « Il faut faire comprendre aux grandes entreprises qu’elles ont intérêt à avoir des sous-traitants en bonne santé. Si les PDG en sont souvent conscients, c’est moins le cas quand on descend dans la hiérarchie », explique Alain Griset aux Echos. « Il faut donc que nous sensibilisions le management des grandes entreprises », ajoute le ministre, qui n’exclut pas d’utiliser « des outils plus contraignants à l’avenir » si l’incitation ne porte pas ses fruits. L’Observatoire des délais de paiement met en avant la facturation électronique, obligatoire en 2023, pour réduire les écarts. « L’Etat, qui y est passé, a d’ailleurs réduit de deux jours en 2019 le règlement de ses fournisseurs. Les entreprises y gagnent en simplification et en efficacité », avance Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire, interrogée par Les Echos.

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« Pas de décalages très importants » pendant le confinement

« Certains secteurs restent dans une position structurellement difficile. C’est notamment le cas des services aux entreprises et particulièrement de l’information-communication, ainsi que de la construction », explique encore Jeanne-Marie Prost au quotidien. Avec la crise sanitaire, les retards de facturation mettent certaines entreprises dans le rouge, mais il n’y a pas eu « de décalages très importants en matière de retard de paiement pendant le confinement », précise de son côté Alain Griset. « Mis à part une ou deux exceptions, (les grandes entreprises) n’ont pas profité de la crise pour se faire de la trésorerie sur le dos de leurs sous-traitants », affirme le ministre chargé des PME. Selon le groupe Altares, les retards de paiement des factures sont passés à 13 jours au deuxième trimestre 2020. Cependant, l’activité économique s’est brutalement arrêtée lors du confinement et il y a eu moins de facturation.