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CPF : la date butoir du 31 décembre pourrait être repoussée

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, annonce l’étude d’un report de la date butoir du 31 décembre. Selon un sondage Ipsos, à peine un Français sur six a transféré les heures non utilisées de son Droit individuel à la formation (DIF) sur son Compte personnel de formation (CPF).

Le gouvernement pourrait faire machine arrière. Elisabeth Borne annonce jeudi 22 octobre dans La Croix qu’elle a demandé à ses services d’étudier un nouveau report de la date butoir du 31 décembre pour utiliser son reliquat de Droit individuel à la Formation (DIF). La ministre du Travail déclare que selon les derniers chiffres du ministère, « un salarié sur quatre a basculé ses heures de DIF sur son CPF. Ce n’est évidemment pas suffisant ». Elisabeth Borne reconnaît qu’en pleine crise sanitaire, la priorité des Français ne soit pas de songer à se former. Pourtant, elle les encourage à utiliser leurs heures de DIF. De plus, elle annonce « une campagne de communication, en collaboration avec la Caisse des dépôts, pour rappeler la date de clôture aux salariés et les inciter à basculer leurs droits », tout en mobilisant davantage les entreprises « pour qu’elles sensibilisent les salariés au sujet ».

La Caisse des Dépôts, en charge du Compte professionnel de formation (CPF) qui remplace le DIF depuis 2014, estime en effet qu’un titulaire sur quatre, soit environ cinq millions si l’on ne prend pas en compte les agents publics et les retraités, aurait déjà renseigné son reliquat d’heures DIF. Une fois converti, il correspondrait à un crédit moyen de 1 257 euros. L’institution financière publique française précise qu’à la fin de l’année, entre 6,5 et 7 millions auront basculé leurs heures.

Un Français sur six seulement selon un sondage

Cependant, selon un sondage Ipsos, seulement un Français sur six a récupéré ce temps pour le placer sur son CPF. Pourtant, le montant peut atteindre jusqu’à 1 800 euros, selon le nombre d’heures restant. Au départ, la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018 avait fixé au 31 décembre 2020 la date limite pour consommer le reliquat DIF. Finalement, l’échéance a été maintenue, mais uniquement pour le transférer dans son CPF. Les euros correspondants étant quant à eux dépensables sans limite de temps. Cette échéance pourrait donc à nouveau être repoussée.

Selon Natanael Wright, le président de Wall Street English France qui a commandé l’étude, « le gouvernement est défaillant dans sa communication. Les employeurs aussi ». Natanael Wright milite ainsi pour un report de l’échéance d’un an et l’obligation des entreprises à envoyer ou renvoyer les attestations indiquant leurs reliquats à tous ceux qu’elles employaient à la fin de 2014, lorsque le DIF a été abandonné au profit du CPF. Il aurait peut-être été entendu par la ministre du Travail, Elisabeth Borne.