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La pollution de l’air coûte plus de 1 600 euros par an aux Parisiens

L’alliance européenne de santé publique (EPHA) a étudié le coût de la pollution de l’air dans 432 villes européennes, dont 67 villes françaises.

Pour la première fois, une étude établit le coût de la pollution pour les habitants des villes en Europe. L’alliance européenne de santé publique (EPHA) a calculé ce que coûte les conséquences de la pollution de l’air, en fonction de la valeur monétaire des morts prématurées, des traitements médicaux face aux affections les plus communes, des journées de travail perdues et tous les autres coûts sanitaires causés par les particules fines (PM), le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3). Cette étude « permet de constater que la pollution n’est pas réservée aux grandes métropoles », analyse Olivier Blond de Respire. « Elle a un effet délétère et un coût économique même à Douai, Toulon, Rouen ou Saint-Quentin », poursuit le directeur de l’association. En effet, sur 432 villes européennes étudiées, 76 sont en France.

A Paris, en tête du classement des villes françaises, la pollution de l’air coûte 1.602 euros par an et par habitant, pour un coût annuel total de plus de 3,5 milliards d’euros. Suivent ensuite Lyon et Nice, avec plus de 1.100 euros. Des villes de moindre importance sont dans le top 5 : Melun, avec 1.015 euros, et Douai, avec 992 euros. Le classement cite aussi (dans l’ordre décroissant) Fréjus, Toulon, Rouen et Saint-Quentin, pour un coût par habitant compris entre 900 euros et 959 euros par an. La pollution coûte en moyenne 770 euros chaque année par personne en France, sur les 76 villes étudiées.

Londres, Bucarest et Berlin dans le trio de tête

Dans l’Union européenne, les villes les plus polluées sont celles qui font face aux coûts les plus élevés. Ainsi, Londres figure en tête des 25 villes du classement : 11,4 milliards d’euros par an au total. La capitale britannique est suivie par Bucarest et Berlin : 6,3 milliards pour la capitale roumaine (plus de 3.000 euros par an par habitant) et 5,2 milliards pour la capitale allemande. Paris est 7e, derrière Varsovie (Pologne), Rome (Italie) et la métropole de Silésie, en Pologne aussi. En effet, les villes d’Europe de l’est et d’Europe centrale sont particulièrement touchées.

Selon l’EEA, la pollution de l’air est la première cause de mortalité liée à l’environnement en Europe et elle cause jusqu’à 76.000 morts en France chaque année. Les deux tiers des grandes villes européennes dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la qualité de l’air. L’alliance européenne de santé publique précise que les transports sont la principale source de pollution de l’air pour des coûts compris entre 67 et 80 milliards d’euros dans l’UE28 en 2016, selon une étude précédente. Un changement des habitudes et des politiques publiques volontaristes en matière de mobilité peut avoir un impact fort sur les coûts engendrés. Une augmentation de 1% dans les déplacements domicile-travail accroît le coût des émissions de PM10 de 0,29% et de NO2 de 0,54%. Les coûts généraux peuvent augmenter de 0,5% selon Respire quand le nombre de véhicules augmente en ville.