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Les entreprises en difficulté cumulent 700 milliards d’euros de retards de paiement

Les PME sont les plus concernées par les retards de paiement de créances, qui ont fortement augmenté ces derniers mois, selon une étude du cabinet ARC menée avec l’IFOP.

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Crédit: iStock.

La majorité des dirigeants d’entreprises sont inquiets du non-paiement des créances depuis quelques mois. Selon un sondage Ifop réalisé pour le cabinet ARC publié le 20 octobre, 95% d’entre eux déclarent que le non-respect des délais met en danger la santé des entreprises, pouvant aller jusqu’au dépôt de bilan. A cause de la crise sanitaire, les retards ont explosé pour les PME : de 10 jours en 2019, ils sont passés à 18 jours en moyenne. En revanche, le délai moyen des grandes entreprises reste, lui, autour de 8 jours (8,1 en 2020 contre 8,9 en 2019), ce qui illustre les disparités entre les petites et les grandes sociétés. Les chefs d’entreprises considèrent aussi que si le gouvernement a pris des mesures adaptées à la situation, 62% pensent qu’elles restent insuffisantes pour contenir les faillites à venir.

Au total, la somme des créances en attente de versement est estimée à 700 milliards d’euros par le président du cabinet de juristes ARC, Denis Le Bossé. Il confie au Monde que ce montant « traduit ce qu’ont vécu les entreprises ces derniers mois : activité totalement à l’arrêt pour certains secteurs, blocages volontaires de factures malgré l’accès aux prêts garantis par l’Etat (PGE) et une trésorerie suffisante, services administratifs à réorganiser en télétravail… ». Le non-paiement des factures à temps s’explique pour 32% des entreprises par un manque de trésorerie, selon l’étude, et pour 24% à un blocage délibéré pour sécuriser cette trésorerie.

Le gouvernement favorable à un système de notation

La solution proposée par le cabinet de juristes d’affaires serait d’instaurer un système de notation afin de connaître le comportement de paiement avant d’engager un partenariat commercial. En effet, 84% des entreprises interrogées souhaitent un tel système. Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a d’ailleurs déclaré être « favorable à cette notation ».

De plus, 55% des entreprises déclarent vouloir l’instauration d’une obligation de déclarer les retards de paiement clients/fournisseurs sur une plateforme mise à disposition par le ministère de l’Economie, par exemple. Toutefois, la moitié déclarent avoir mis en place un accompagnement de leurs clients en difficulté par la mise en place d’échéanciers ou de facilités de paiement. Enfin, 45% d’entre elles estiment qu’il faudra un ou deux ans pour effacer les traces de la crise sanitaire.