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Emploi : l’Unédic prévoit 420 000 indemnisés de plus fin 2020

L’Assurance chômage devrait indemniser 420 000 demandeurs d’emploi de plus à la fin de l’année par rapport à 2019.

L’emploi salarié va continuer de baisser en France. En effet, il devrait diminuer sensiblement au 4e trimestre de 2020, malgré un rebond assez fort au trimestre précédent, note l’Unédic, qui a publié ses données prévisionnelles mercredi 21 octobre. Le rebond du troisième trimestre est confirmé par l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) qui parle d’une hausse de 72,9% des déclarations d’embauche cet été, même si sur un an elles affichent une baisse de 4,2%. Fin 2020, 670 000 emplois seraient détruits, dont 420 000 demandeurs d’emplois indemnisés en plus par l’Assurance chômage, par rapport à fin 2019, prévoit ainsi l’Unédic.

Impact du couvre-feu

Le couvre-feu, instauré le 17 octobre, devrait plomber l’emploi. L’Unédic prévoit une diminution en 2021 de 270 000 chômeurs, pour un total de 2,9 millions de personnes indemnisées à la fin de l’année prochaine. Le solde de l’Assurance chômage, lui, se dégraderait à un rythme moins soutenu l’an prochain : le déficit annuel s’élèverait à 9,7 milliards d’euros fin 2021, contre 18,7 milliards fin 2020. En effet, le solde s’est dégradé de 16 milliards d’euros depuis le début de l’année, à cause de la baisse des recettes et de la hausse des dépenses d’allocations.  

Le déficit de l’Assurance chômage reste d’une ampleur inédite dans son histoire. La dette sera portée à 65,2 milliards d’euros à la fin de l’an prochain. Les facteurs sont multiples : le financement de l’activité partielle, soit 10,2 milliards d’euros, représente 57,2% de la dette. L’augmentation des dépenses d’allocations chômage, en raison de la hausse du nombre de demandeurs d’emploi, représente 28,2%. Enfin, les reports de cotisations représentent 14,6%. Les dépenses du régime augmenteraient de 32% cette année par rapport à l’an dernier pour atteindre environ 54,2 milliards d’euros. En 2021, elles atteindraient 48,8 milliards selon ces prévisions.

Le financement de l’activité partielle atteint 8,3 milliards d’euros en 2020

Dans le détail, l’activité partielle représente 8,3 milliards d’euros de dépenses cette année (contre 0,05 milliard anticipé avant crise) et elle atteindrait 3,2 milliards d’euros en 2021. Les allocations chômage représentent 39,1 milliards d’euros de dépenses en 2020 (une progression de 4,1 milliards par rapport à 2019) et elles atteindraient 38,4 milliards l’an prochain. Les recettes, elles, baisseraient de 10% cette année par rapport à 2019, pour atteindre 35,5 milliards d’euros, mais elles progresseraient à nouveau l’an prochain, pour atteindre 39,1 milliards et revenir à un niveau proche de 2019.

L’organisme paritaire joue « pleinement son rôle de stabilisateur économique et social », précise le communiqué, « en continuant d’amortir massivement les effets de la crise sur l’économie et auprès de millions de ménages ». En attendant de prochaines discussions avec le gouvernement et les partenaires sociaux « afin d’aborder le financement du régime à plus long terme », l’Unédic sécurise ses financements en dimensionnant ses emprunts et en ajustant sa stratégie.  Elle continue à emprunter sur les marchés financiers : quatre émissions d’obligations sociales ont été effectuées en mai, juin, juillet et octobre, ce qui a permis à l’organisme de lever 13 milliards d’euros.