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Crédits : les banques européennes continuent de durcir les conditions

Au troisième trimestre 2020, les banques de la zone euro ont resserré les conditions d’emprunt des entreprises et des particuliers, selon une enquête de la Banque centrale européenne (BCE).

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Crédit: iStock.

Au troisième trimestre, les banques européennes ont durci leurs conditions d’emprunt et elles risquent de continuer dans cette voie pour les trois derniers mois de l’année 2020, selon l’enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne (BCE). Ces résultats proviennent de questionnaires envoyés à 143 établissements de la zone euro.

Prise en compte des risques liés à la crise sanitaire

Ce resserrement des conditions d’octroi des crédits, observé au cours du troisième trimestre, est principalement lié à la perception des risques liés à la crise sanitaire par les banques, indique l’institution. 19% des banques questionnées ont établi des règles internes rendant plus difficile l’obtention d’un prêt, contre 1% au trimestre précédent. Mais ces dispositions ne sont pas liées à la situation financière des établissements bancaires. Au contraire, elles font état de bilans positifs.

Pour le quatrième trimestre, les banques s’attendent à continuer ce resserrement des conditions d’emprunt, pour les entreprises, mais aussi pour les particuliers, les crédits à la consommation et les prêts immobiliers. La BCE explique ces décisions par la détérioration des prévisions économiques et par la « dégradation de la solvabilité des consommateurs affectés par l’épidémie ». La France fait partie des trois pays où les banques ont durci les règles, avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Taux de rejet en hausse

Les demandes de prêts immobiliers ont gonflé au troisième trimestre 2020 dans presque tous les pays de zone euro, effet du confinement qui a décalé les demandes. Mais les banques ont refusé plus de crédits. Le taux de rejet des prêts aux entreprises s’est accru de 3% après une baisse de 12% au trimestre précédent. Pour les emprunts immobiliers, ce taux est passé de 4 à 8% et pour les crédits à la consommation, de 15 à 16%. En revanche, l’étude note une « baisse significative » des demandes de crédits de la part des entreprises, notamment en France et en Espagne, ce qui s’explique par un moindre besoin de liquidités d’urgence pour faire face à la crise, selon la BCE.