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La très lourde facture du chômage partiel

Le dispositif de maintien de l’emploi enregistre une explosion de demandes de la part d’entreprises depuis le reconfinement, ce qui va peser lourd dans les caisses de l’Etat et de l’Unédic.

niches fiscales
Crédits: iStock.

Depuis le 26 octobre et l’annonce du reconfinement, les entreprises ont sollicité massivement les services territoriaux du ministère du Travail pour mettre leurs salariés en activité partielle. Ainsi, 208 600 requêtes ont été reçues par les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) en deux semaines. Ce sont 15 000 demandes d’autorisation préalable d’activités partielles qui ont été reçues par jour, rapporte Le Figaro, contre 3 000 les semaines précédentes. Le dispositif pourrait coûter jusqu’à 7 milliards d’euros par mois selon les estimations du ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance.

Ce montant avancé par Bruno le Maire correspondrait au scénario le plus pessimiste selon le quotidien national, car la facture de l’activité partielle s’élève à 22 milliards d’euros environ pour la période allant de mars à septembre. De plus, seul le mois d’avril dépasse les 7 milliards d’euros (8,8 milliards d’euros pour 8,6 millions de salariés en chômage partiel). Au total, l’enveloppe allouée au dispositif dans le budget rectificatif de 2020 est de 31 milliards d’euros et elle sera insuffisante car elle ne prévoit pas les effets du reconfinement. Selon la Direction de l’Animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), au mois de novembre, 5,3 millions de salariés sont potentiellement couverts au moins un jour du mois de novembre par une demande d’activité partielle.

Dispositif maintenu tel quel

Le dispositif devait être durci le 1er novembre, mais le Gouvernement y a renoncé, en raison du reconfinement de la population, et il est maintenu tel quel jusqu’au 31 décembre. Les salariés sont toujours indemnisés à hauteur de 84% de leur salaire net, soit 70% du brut, et le reste à charge pour l’employeur est de 15%. Les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire continuent à bénéficier de zéro reste à charge. Il s’agit des entreprises fermées administrativement, dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, du tourisme ou encore les lieux sportifs.