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Les inégalités et la pauvreté auraient diminué en 2019 selon l’Insee

En 2019, le taux de pauvreté et les inégalités auraient baissé selon l’Insee, qui a établi une estimation notamment à partir de l’indice de Gini.

La pauvreté aurait diminué en 2019 en France, ainsi que les inégalités. Une analyse publiée par l’Insee le 18 novembre utilise une méthode d’estimation « avancée basée sur la microsimulation ». Selon l’institut, l’indice de Gini baisserait de 0,003 en 2019 après une hausse de 0,009 en 2018, pour s’établir à 0,295. Cet indice est un indicateur synthétique qui permet de rendre compte du niveau d’inégalité pour une variable, sur une population donnée. Il varie entre 0, soit l’égalité parfaite, et 1, soit une inégalité extrême. Plus cet indice est élevé, plus les inégalités sont importantes.

Dans les détails, cette baisse des inégalités observée en 2019 et mesurée par l’indice de Gini « se décompose en deux phénomènes », note l’Insee, « une hausse des inégalités avant redistribution, ainsi qu’une baisse des inégalités plus forte que cette hausse, induite par le système socio-fiscal et par certaines réformes mises en œuvre en 2019 ». Avant redistribution, l’indice de Gini aurait augmenté de 0,001, car les salaires les plus élevés ont progressé plus fortement, notamment chez les cadres. En revanche, la sous-indexation des pensions de retraites n’aurait pas eu d’effet sur cet indice.

Revalorisation de la prime d’activité

Ensuite, le système socio-fiscal aurait compensé la hausse des inégalités de revenus, notamment grâce au dispositif de bonification individuelle de la prime d’activité. A elle seule, celle dernière aurait eu pour effet de baisser de 0,002 l’indice de Gini. Rappelons que la réforme de la prime d’activité a été décidée par l’exécutif à la suite du mouvement des Gilets jaunes et que les montant perçus ont augmenté. De plus, des personnes aux revenus plus élevés en ont bénéficié. L’effet de cette revalorisation serait le plus sensible pour les 40% de personnes aux niveaux de vie les plus faibles. Les revalorisations exceptionnelles de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et du minimum vieillesse (Aspa) font partie des mesures qui auraient contribué à augmenter le niveau de vie des plus modestes en 2019 et à diminuer les inégalités. D’autres mesures prises en 2019 ont en revanche contribué à augmenter les inégalités, « comme l’exonération sociale et fiscale des heures supplémentaires qui avantagerait les 50 % les plus aisés », par exemple.

Le taux de pauvreté aurait diminué aussi

Autre constat de l’Insee dans cette analyse, le taux de pauvreté aurait diminué lui aussi l’an dernier, de 0,3 point, pour atteindre 14,5% de la population. Il avait augmenté de 0,7 point en 2018, en raison de la baisse des allocations logement notamment. En 2019, 9,1 millions de personnes auraient été en situation de pauvreté monétaire (le seuil de pauvreté est fixé à 60% du niveau de vie médian). Cela représente environ 210 000 personnes de moins qu’en 2018, note l’Insee. En revanche, le taux de pauvreté calculé à partir d’un seuil fixé à 50 % du niveau de vie médian aurait diminué plus faiblement, de 0,1 point.

Par ailleurs, le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes aurait aussi diminué, plus légèrement toutefois, de 0,1 point par rapport à 2018 : il s’établirait à 4,3. Ce rapport, appelé ratio S80/S20, mesure la disparité relative de la distribution d’une grandeur donnée, en l’occurrence le niveau de vie. L’Insee note aussi que le rapport interdécile D9/D1 serait resté stable en 2019, à 3,5, par rapport à 2018. Les rapports interdéciles des revenus mettent en évidence les disparités entre les plus riches et les plus pauvres et l’interdécile D9/D1 met en évidence l’écart entre le haut et le bas de la distribution.