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La baisse de la consommation des ménages est moins importante en novembre qu’en avril

L’impact du deuxième confinement sur les dépenses des ménages est plus modéré que celui du premier confinement, de 20 à 40 points de moins, en fonction des secteurs.

consommation

Les ménages continuent de moins consommer lors de ce deuxième confinement, mais la chute est moindre que de lors du premier épisode, au printemps dernier. Dans son dernier point de conjoncture, publié le 2 décembre, l’Insee a compilé les données à partir des transactions par carte bancaire (CB) et des ventes de la grande distribution. En novembre, la perte de consommation a été « environ moitié moindre qu’en avril », à -31%, écrit l’institut. Soit un repli de 14% par rapport au niveau d’avant-crise, après -3% en octobre.

Les postes de consommation les plus affectés sont, comme au printemps dernier, les dépenses de carburant, les achats de biens manufacturés non essentiels et les services, avec moins de dépenses dans l’hébergement et la restauration pour des raisons évidentes de fermeture, mais aussi dans les transports et les loisirs. Toutefois, l’Insee prévoit un rebond de la consommation des ménages en décembre, en raison de l’allègement du confinement et des mesures de restrictions sanitaires : elle serait de 6% au-dessus de son niveau d’avant-crise. Au total, la consommation des ménages reculerait de 6% au quatrième trimestre 2020, après avoir rebondi fortement au troisième : +17,9% selon le dernier point de conjoncture publié le 27 novembre. « Sur l’année, la baisse de consommation s’établirait ainsi à 7 % par rapport à 2019 », écrit l’Insee.

Rebond des transactions grâce au click and collect

Concernant les transactions bancaires, elles ont connu, dans la majorité des postes, une chute moins importante début novembre qu’au début du premier confinement. Soit environ 20 à 40 points de moins, relève l’Insee. La différence est parfois très marquée pour certains secteurs, comme celui de la quincaillerie qui a connu une baisse de 78 points, ou encore de la télévision et l’électroménager, avec une chute de 107 points, mais un rebond début novembre, dû en partie au système de click and collect (réservation en ligne et retrait en magasin). Le commerce en ligne généraliste a quant à lui connu un « fort dynamisme pendant la première semaine du confinement d’automne », note l’institut, en comparaison avec le premier confinement du printemps.

Par ailleurs, les secteurs déjà fortement impactés lors du premier confinement ont continué à l’être cet automne. Les services personnels, notamment, soit les centres de sport, les cordonniers ou encore les teinturiers, qui avaient connu une chute des transactions par carte de 98%, ont baissé de 90% en glissement annuel au début du confinement d’automne. Le seul poste de consommation qui connaît une baisse marquée des transactions lors de ce deuxième confinement par rapport au premier est celui de l’alimentaire, selon l’Insee.

Dynamisme des ventes sur Internet

Les ventes sur Internet, elles, ont confirmé leur dynamisme. « Au cours du confinement de printemps et au début du confinement d’automne, environ un tiers des montants de transactions se sont ainsi réalisés par ce mode, contre un cinquième à un quart en temps normal », écrit l’Insee dans sa note. Le deuxième confinement enregistre même de meilleures ventes, de la part de commerçants en ligne généralistes et d’autres vendeurs. Les transactions enregistrées par les e-commerçants généralistes ont augmenté de 10 à 30% en avril 2020 par rapport à avril 2019, alors que les autres transactions sur Internet ont chuté à 30%, avant de se stabiliser à 0%. Depuis cet été, ces dernières connaissent les mêmes évolutions que pour les transactions enregistrées par les commerçants généralistes.

Les secteurs d’activité ont abordé le reconfinement de manière différente en fonction de la reprise de la consommation en mai dernier. Certains ont connu un rebond important des dépenses en raison de reports d’achats, empêchés par la fermeture des établissements lors du premier confinement, comme les quincailleries ou encore les vendeurs d’électroménagers. Cette fois-ci, le confinement de l’automne a été anticipé par les consommateurs et les montants de transactions en électroménager ont été conséquents. « D’autres secteurs, comme l’habillement, les articles de sport ou les meubles semblent se trouver dans une situation plus fragile », tempère l’Insee.

Les chiffres d’octobre montrent que les montants cumulés des transactions par CB restaient plus bas que leur niveau de 2019, de 5 à 15%. « La reprise de la consommation à partir de la mi-mai, bien que montrant également une forme de report d’achats empêchés, n’a pas permis de compenser la perte enregistrée pendant le premier confinement », analyse l’institut. Les soldes du mois d’août ont permis d’enregistrer un surcroît d’achats au détriment de juillet. « Pour les entreprises des secteurs concernés, la perte de revenus associée à la perte sèche de consommation depuis le printemps est donc susceptible de générer des difficultés de trésorerie parfois importantes ». Un constat encore plus valable dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement. « En cumul, depuis le début de l’année et jusqu’au 22 novembre, l’hébergement compte 25 % de transactions en moins qu’en 2019, et la restauration 20 % », conclut l’Insee.