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Fin avril, un quart des Français avaient peur de ne pas pouvoir payer leurs charges

Le sentiment de dégradation de la situation financière après le premier confinement est plus marqué chez les plus modestes, selon une enquête présentée par l’Insee jeudi 3 décembre.

Revenu
Crédit : iStock.

Le confinement du printemps dernier a eu un impact social sur les ménages français. En effet, un quart des personnes interrogées à la fin du mois d’avril pensait rencontrer des difficultés pour payer le loyer, le crédit immobilier ou les autres charges dans les douze mois suivants, selon une étude présentée par l’Insee jeudi 3 décembre. De plus, près d’un quart d’entre eux (23%) estime que sa situation financière s’est dégradée avec la crise sanitaire. Chez les personnes les plus modestes, ils sont quatre sur dix à avoir exprimé cette crainte. La situation sanitaire s’étant aggravée à la rentrée, « les perspectives économiques sont plus sombres », écrivent les auteurs du rapport. « Les personnes les plus fragiles économiquement et socialement pourraient en souffrir davantage, qu’il s’agisse des bénéficiaires de minima sociaux, des salariés au chômage, en intérim ou en contrats courts, ou des travailleurs indépendants », estiment les experts, qui s’inquiètent particulièrement de la situation des jeunes, dont l’insertion professionnelle risque d’être difficile.

Ce sentiment de dégradation de la situation financière post-confinement est plus prononcé chez les personnes qui ont réduit leur activité, qui ont des enfants et chez ceux dont les revenus étaient initialement bas, notamment pour les 10% des ménages les plus modestes. Ces derniers sont 35% à estimer connaître une baisse de leur niveau de vie. La proportion est deux fois plus faible pour les 10 % de ménages les plus aisés. Concernant les catégories socio-professionnelles, ce sont les artisans et les commerçants qui arrivent en tête des personnes ayant un sentiment de niveau de vie dégradé puisqu’ils sont 53% à le penser, et les ouvriers, 37%. Les télétravailleurs, soit des cadres en majorité, déclarent avoir été moins impactés. De plus, les retraités se disent plutôt épargnés : 85% estiment que leur situation financière est restée stable pendant la période.

Les mères ont plus assumé les tâches domestiques

Autre constat dressé par l’Insee et ses partenaires pour dessiner ce portrait social de la France après le premier confinement, les situations d’isolement se sont aggravées. 31% des personnes vivant seules ont trouvé le confinement pénible, plus souvent que les couples qui sont 24% à le penser. Les inégalités sont très nettes en fonction des logements et de leur taille. Les ménages les plus modestes ou avec enfant ont plus souffert que les autres. De plus, ce sont les femmes qui ont le plus assumé les tâches domestiques pendant le confinement du printemps, qu’elles travaillent en intérieur comme en extérieur : 19% des femmes de 20 à 60 ans y ont consacré au moins quatre heures par jour en moyenne, contre 9% des hommes. 43% des mères ont passé plus de six heures à s’occuper des enfants tous les jours et 30% des pères. Celles avec des enfants de moins de trois ans sont même 74% à leur avoir consacré six heures par jour minimum, contre 45% des pères. Enfin, concernant les tâches domestiques et le temps parental, les mères étaient deux fois plus concernées par un arrêt de travail ou par une autorisation spéciale pour garder leur enfant que les pères.

Les disputes ont aussi été plus fréquentes lors du premier confinement : 13% des personnes en couple sont concernées, 18% des foyers en présence de trois enfants ou plus et 19% des résidents dans un logement surpeuplé. Les violences intra-familiales ont, elles aussi, augmenté : le nombre de personnes de 15 ans ou plus ayant déposé plainte pour coups et blessures a augmenté de 4%, alors que la plupart des crimes et délits enregistrés ont très fortement diminué pendant le confinement par rapport à la même période en 2019. Le portrait social de la France présenté par l’Insee évoque aussi les pratiques scolaires des enfants ou encore les pratiques culturelles pendant le premier confinement.