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L’emploi salarié rebondit au troisième trimestre

Dans le privé comme dans le public, les créations d’emploi sont reparties à la hausse au troisième trimestre 2020.

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Crédit: iStock.

L’Insee confirme ses prévisions : l’emploi a rebondi au troisième trimestre, entre fin juin et fin septembre 2020, de 1,6%. Ce qui représente plus de 400 000 créations nettes (401 100 plus exactement), dans le privé et dans le public. Dans le privé, cela représente 312 400 créations d’emploi salarié (+1,6%) et 88 700 emplois dans la fonction publique (+1,5%). Ce rebond est survenu après une baisse nette de plus de 697 000 emplois au premier semestre, soit -2,7%, rappelle l’Institut dans sa note du 8 décembre. Il concerne surtout l’hébergement-restauration et les services aux ménages.

Ainsi, l’emploi salarié reste au-dessous de son niveau d’avant-crise, -1,2% par rapport à la fin 2019, soit près de 296 000 emplois en moins. Cependant, il retrouve son niveau de la fin 2018. Sur un an, le marché de l’emploi continue de reculer avec une baisse de 1,2% dans le secteur privé, soit 234 300 emplois en moins. Toutefois, il progresse légèrement dans le public avec une hausse de 0,5% soit 27 000 emplois en plus.

Dans le détail, c’est l’emploi intérimaire qui a enregistré une forte hausse pour le deuxième trimestre consécutif, par rapport au premier de 2020. Il avait chuté de plus de 40%, soit 318 000 emplois en moins. Ainsi, cette activité augmente de 22,9% au deuxième trimestre (107 800 emplois en plus) et de 22,8% au troisième (131 600 emplois en plus). Comparé à 2019, l’intérim reste en dessous de son niveau, soit une baisse de 10,3% (81 100 destructions d’emplois sur un an). L’Insee note que les intérimaires sont comptabilisés au sein des services marchands.

Dans tous les secteurs, l’emploi salarié hors intérim rebondit avec 269 600 emplois de plus, en hausse de 1,1%. Par secteur, la construction enregistre une nette accélération, avec une hausse de 1,3% (hors intérim toujours), après une quasi-stabilité au premier semestre. En revanche, l’industrie est en baisse de 0,2% au troisième trimestre, un recul moins fort cependant qu’au premier trimestre (-1,2%, soit 36 600 destructions d’emplois). L’emploi salarié rebondit « vigoureusement » dans les services marchands hors intérim, soit une hausse de 1,3% et 146 100 créations, alors qu’il avait chuté de 3% au premier semestre, soit 356 000 emplois de moins. « La hausse de ce trimestre compense donc moins de la moitié des pertes d’emplois depuis le début de la crise sanitaire et l’emploi dans les services marchands hors intérim atteint un niveau comparable à celui de fin 2018 », écrit l’Insee.

L’horizon plus sombre pour 2021

Les perspectives nettes d’emploi sont nulles au premier trimestre 2021 selon le baromètre ManpowerGroup dévoilé mardi 8 décembre. Les intentions d’embauche des entreprises françaises sont de 0% (contre 13% au premier trimestre 2020) alors qu’elles sont de 3% en Italie, 4% aux Pays-Bas, 5% au Portugal, 6% en Belgique et 8% en Allemagne. En Espagne, elles sont de -1% et au Royaume-Uni, de -6%. Toutefois, certaines régions françaises sont plus optimistes, avec 4% d’intentions d’embauche dans le Centre-Est, selon ce baromètre au premier trimestre 2021 toujours, et 3% dans le Centre-Ouest et le Sud. Paris et le Nord chutent, avec -9% d’intentions d’embauche dans la capitale et -3% dans le Nord. Selon ManpowerGroup, « les grandes entreprises semblent moins souffrir des retombées du confinement puisqu’elles affichent +2 points d’intentions d’embauche, soit +5% », un chiffre qui reflèterait un rééquilibrage des embauches sur toutes les structures.