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Des chèques-consommation pour les bénéficiaires des APL comme remède à la pauvreté ?

Pour aider les populations les plus modestes, l’Institut Montaigne propose un plan de 30 milliards d’euros d’aides et trois mesures phares, notamment des chèques-consommation pour les allocataires des aides au logement.

L’Etat doit augmenter significativement sa dépense publique face à l’ampleur de la crise. Les experts de l’Institut Montaigne plaident pour de nouvelles mesures publiques de soutien en 2021 pour « accélérer le rebond de la consommation et, ainsi, soutenir l’économie », écrivent-ils dans leur note de décembre 2020, des mesures pour les ménages les plus défavorisés. En effet, la dégradation de la situation financière est « plus de deux fois plus élevée parmi les 10% des ménages les plus pauvres que parmi les 10% les plus aisés », selon les évolutions ressenties rapportées par une enquête de l’Insee en mai 2020. Ainsi, les auteurs, Eric Chaney et Julien Damon, entre autres respectivement conseiller économique de l’Institut Montaigne et enseignant à Sciences Po, préconisent la création d’un programme massif de 30 milliards d’euros avec trois mesures phares.

La première est la création de chèques-consommation pour les personnes bénéficiant des aides au logement, soit 12 milliards d’euros alloués à « ce vecteur de soutien simultané au pouvoir d’achat et à des secteurs clés ». Ces chèques-consommation seraient distribués par les CAF et les MSA, et les allocataires les recevraient sous la forme de cartes de crédit adressées à leur domicile, précise encore l’Institut Montaigne. Ils pourraient être utilisés dans les secteurs les plus touchés par la crise, comme l’hôtellerie-restauration, et concerner aussi le bâtiment et l’alimentation. Cette aide pourrait représenter « plus de 450 euros par trimestre pendant un an pour les 6,6 millions de ménages touchant les allocations logement », précisent les auteurs de la note, qui ne donne pas d’informations sur le barème.  

Une allocation pour les non bénéficiaires des APL

Autre proposition de ce groupe de réflexion, l’allocation de 500 millions d’euros d’aides de secours aux centres d’action sociale pour qu’ils puissent les redistribuer aux publics qui ne sont pas allocataires des aides au logement. Cela concerne notamment les personnes sans logement, mais aussi certains propriétaires précaires. Ainsi, ces aides de secours local seraient multipliées par quatre avec cette enveloppe. Les CCAS et les CIAS, acteurs publics de l’aide sociale locale, identifieraient les personnes dans le besoin pour leur verser une aide, qui pourrait aussi prendre la forme de chèque-consommation.

Troisième idée de l’Institut Montaigne, des prêts jeunes garantis pas l’Etat, soit 17,5 millions d’euros octroyés sur deux ans, avec un coût budgétaire limité de 0,5 millions d’euros pour l’Etat. En effet, « les jeunes sont durement touchés par la crise économique », précisent les auteurs des propositions, car ils n’ont plus accès aux emplois qui permettaient de financer leurs études et leurs frais quotidiens. Ceux qui arrivent sur le marché de l’emploi rencontrent de grandes difficultés. Le système de prêt garanti pour les étudiants, qui octroie un crédit bancaire dans la limite de 15.000 euros, pourrait ainsi être élargi à tous les jeunes en 2021 et 2022. Il ne bénéficie actuellement qu’à 11 .500 étudiants cette année, et il concernerait 67.500 étudiants en 2021 dans le cadre du plan de relance. Tous les jeunes de moins de 25 ans pourraient entrer dans le dispositif élargi pour une limite augmentée à 50.000 euros.