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Brexit : Londres et Bruxelles dans l’attente d’un accord commercial à la veille de Noël

Après dix mois de négociations acharnées, l’Union européenne et le Royaume-Uni étaient jeudi dans l’attente fébrile d’un accord historique sur leur future relation commerciale, qui leur permettrait d’éviter in extremis un « no deal » aux lourdes conséquences économiques.

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Crédit: iStock.

Il n’y avait pas encore de fumée blanche en tout début de matinée jeudi alors que d’ultimes discussions autour de l’accord se sont poursuivies dans la nuit.

Une source européenne avait évoqué mercredi « de grandes chances » de conclure un accord dans les prochaines heures. Le Premier ministre irlandais Micheal Martin avait lui parlé de « signaux positifs » sur RTE.

Selon une source gouvernementale française, les Britanniques ont consenti « d’énormes concessions », en particulier sur la pêche, ultime point d’achoppement des discussions.

Accord à valider par les États-membres

S’il est confirmé, un compromis entre la Commission européenne et le Royaume-Uni devra encore être validé par les États-membres. Un processus qui devrait prendre plusieurs jours.

Mais il reste en théorie suffisamment de temps pour qu’un éventuel traité entre en application provisoire le 1er janvier. Date à laquelle le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier, aura définitivement abandonné le marché unique. Le texte, de près de 2.000 pages, serait alors validé a posteriori par le Parlement européen. L’aboutissement de ces négociations, débutées en mars, permettrait aux deux parties de s’épargner un « no deal », aussi embarrassant sur le plan politique, que dommageable au niveau économique. Un scénario noir pour le Royaume-Uni, déjà malmené par une variante plus virulente du coronavirus qui l’a isolé du reste du monde.

Les négociations sont depuis lundi entre les mains de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Premier ministre britannique Boris Johnson. Ces derniers ont échangé à plusieurs reprises pour tenter de surmonter l’impasse sur la pêche. Les autres sujets jusque là problématiques – la manière de régler les différends et les mesures de protection contre toute concurrence déloyale – ont pour leur part été réglés ces tout derniers jours.

Prouesse

La conclusion d’un texte en à peine dix mois, quatre ans et demi après le référendum de juin 2016 sur le Brexit, constituerait une prouesse pour Londres et Bruxelles. Surtout pour un accord de cette envergure, puisque de tels pourparlers prennent des années.

Avec cet accord, l’UE offrirait à son ancien État-membre un accès inédit sans droit de douane ni quota à son immense marché de 450 millions de consommateurs.

Mais cette ouverture sera, le cas échéant, assortie de strictes conditions : les entreprises d’outre-Manche devront respecter un certain nombre de règles évolutives au fil du temps en matière d’environnement, de droit du travail et de fiscalité pour éviter tout dumping. Des garanties devraient aussi exister en matière d’aides d’État.

Un mécanisme devrait permettre aux deux parties d’activer rapidement des contre-mesures, comme des droits de douane, en cas de divergences sur ces normes. En cas de « no deal », le Royaume-Uni perdrait beaucoup plus que l’Europe: les Britanniques exportent 47% de leurs produits vers le continent, quand l’UE n’écoule que 8% de ses marchandises de l’autre côté de la Manche.