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Chômage : un rapport préconise d’ajuster les indemnités selon la santé économique du pays

Trois économistes évoquent la « nécessité d’adapter » l’assurance-chômage, notamment en s’inspirant des modèles américains et canadiens, dans un rapport du Conseil d’analyse économique.
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« Repenser l’assurance-chômage », c’est le titre d’un rapport du Conseil d’analyse économique (CAE) qui risque de faire grincer des dents certains syndicats. Dans cette dizaine de pages, Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Camille Landais détaillent leurs recommandations pour un dispositif de chômage plus fonctionnel et plus efficace. Les trois économistes affirment notamment qu’il faudrait adapter l’indemnisation à l’état économique du pays.

-19% d’heures travaillées

« Les règles de fonctionnement [de l’assurance-chômage] ne correspondent plus au marché du travail actuel, et font exception comparativement aux autres pays », note le rapport du CAE. La pertinence d’une réforme est d’autant plus actuelle que le système a connu une année 2020 difficile. Entre février et août 2020, 390 000 nouveaux inscrits ont été enregistrés, soit une hausse de 7%. Les heures travaillées ont quant à elles baissé de 19% entre le deuxième trimestre 2020 et le quatrième trimestre 2019.

Les trois économistes affirment que l’assurance-chômage est « plus généreuse » en France qu’aux États-Unis, par exemple. Ils préconisent donc un ajustement « en fonction des indicateurs de l’activité économique qui se calquerait sur le fonctionnement américain, mais aussi canadien. Les conditions d’éligibilité et la durée de l’indemnisation seraient calculées en fonction de la santé économique du pays.

Une approche « contra-cyclique »

Actuellement, la France est « légèrement pro-cyclique », explique le rapport qui recommande de passer à un fonctionnement « contra-cyclique ». En période de crise et de chômage fort, les règles sont plus généreuses et en période de croissance, l’indemnisation est restreinte. Par ailleurs, les économistes préconisent « une meilleure coordination avec les autres dépenses de protection sociale perçues par les chômeurs » et une fusion des différentes prestations sociales (RSA, prime d’activité, allocations logement…) dans un revenu de base unique distribué en fonction des revenus.