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Tourisme : le secteur de l’hôtellerie a connu ses pires résultats en trente ans

La pandémie de Covid-19 a largement impacté le secteur du tourisme. Le manque à gagner pour l’hôtellerie est de 14 milliards d’euros.

Mas des Herbes Blanches Maranatha l'AMF
Une des chambres du mas des Herbes Blanches appartenant au groupe hôtelier Maranatha, condamné par l’AMF. Crédits: Maranatha

Un tiers des hôtels reste fermé en France, faute de clients. Le secteur traverse la pire crise depuis trente ans, à cause de l’arrêt des voyages en 2020. Le taux d’occupation des hôtels n’a été que de 32,4% sur l’ensemble de l’année, selon MKG Consulting. Le revenu moyen par chambre, appelé le RevPar, a chuté de 61,3%. Le manque à gagner est de 14 milliards d’euros. « Des chiffres aussi mauvais n’ont jamais été vus, depuis plus de trente ans », commente dans le Figaro Vanguelis Panayotis, président du cabinet spécialisé. Pour l’hébergement, la perte est de dix milliards, et de quatre milliards pour la restauration des hôtels. Le secteur de l’hôtellerie de luxe a le plus souffert en 2020, notamment en Ile-de-France.

En effet, le RevPar a reculé de 72,8% l’an dernier dans la région la plus touristique de France. Les touristes fortunés du monde entier ont déserté Paris. Les hôtels de luxe ont perdu les trois quarts de leur chiffre d’affaires sur l’ensemble du pays et beaucoup n’ont pas rouvert depuis le mois de mars 2020, alors qu’aucune fermeture administrative ne leur a été imposée. Le personnel de ces établissements haut de gamme sont au chômage partiel, qui est pris en charge à 100% par l’Etat. Au final, les autres hôtels, notamment d’entrée de gamme, s’en sortent le mieux, selon MKG Consulting, avec un RevPar qui a tout de même chuté de 43,5% dans les gammes ultra-économiques et de 54,2% dans les gammes économiques.

Aides de la part du gouvernement

Le secteur de l’hôtellerie est soutenu par le gouvernement depuis le début de la crise sanitaire, comme tout le secteur du tourisme, avec la prise en charge du chômage partiel et l’exonération des charges, ainsi que l’accès au fonds de solidarité. Cependant, les hôtels les plus faibles sont en danger, relève Le Figaro, et selon Vanguelis Panayotis, « 20% des hôtels sont à risque ». Le président de MKG Consulting ajoute que « leur avenir n’est pas assuré, d’autant qu’on ne voit pas de reprise avant avril ». La France s’en sortirait plutôt bien par rapport à ses voisins européens, grâce aux touristes français, selon le cabinet spécialisé, plus nombreux cet été à passer leurs vacances dans l’Hexagone.