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Crédit à la consommation : l’UFC-Que Choisir alerte sur les pratiques des sociétés de recouvrement

L’association UFC-Que Choisir dénonce jeudi 28 janvier les « pratiques scandaleuses » des sociétés de recouvrement de crédits.

L’UFC-Que choisir aurait préféré que les législateurs européens s’attachent à la protection des emprunteurs les plus précaires.
Crédit : Istock.

Une fois de plus, l’UFC-Que Choisir tape du poing sur la table. L’association de défense des consommateurs dénonce dans un communiqué publié jeudi 28 janvier les « pratiques scandaleuses, parfois proches du harcèlement » des sociétés de recouvrement des crédits. Elle publie une étude qui « lève le voile sur une sombre facette du marché des crédits ‘pourris’ ». « Alors que la déflagration des impayés en 2021 mettra plus que jamais les consommateurs aux prises avec ces sociétés, l’association exhorte les législateurs européens à mettre au pas les pratiques délétères du secteur », indique encore le texte. En décembre dernier, déjà, l’UFC-Que Choisir avait demandé à l’Union européenne d’obliger les banques à proposer des mesures de restructuration à leurs clients, plus rapidement.

Selon l’association, les impayés des crédits représentent déjà 22 milliards d’euros en 2020 tous crédits confondus, soit 1.700 euros par ménage emprunteur. « Certains établissements de crédit, bien décidés à tirer profit de la crise, n’ont rien trouvé de mieux que de ressusciter les publicités ‘pousse-au-crime’ pour inciter à souscrire des crédits à la consommation », s’insurge l’UFC-Que Choisir. Elle dénonce le fait que les banques se débarrassent des crédits impayés pour les confier principalement à des sociétés de recouvrement. C’est le résultat du plan d’action de la Commission européenne contre les conséquences de la pandémie de Covid-19, selon elle. Le marché des crédits à la consommation représenterait près de sept milliards d’euros en 2021.

« Forcing », « ton menaçant », « culpabilisation »

Ainsi, en premier lieu, ces sociétés de recouvrement « rachètent à vil prix des créances jugées irrécouvrables par les banques et dont certaines ne peuvent même plus être réclamées en justice (justificatifs perdus, dettes éteintes, etc.) », explique l’UFC-Que Choisir. Dans un second temps, elles font ensuite « le forcing pour en récupérer le paiement en totalité », dénonce encore l’association. Les signalements sur les méthodes employées sont très nombreux et en hausse de 15% depuis un an : les débiteurs et leurs proches seraient ainsi contactés « quasi quotidiennement durant des mois », indique l’association, qui parle aussi de « honteuses pressions », dont le ton menaçant, la culpabilisation ou encore le chantage à la délation aux voisins, précise encore le communiqué. De plus, l’association dénonce l’opacité des stratégies de ces sociétés, qui ne justifient pas la créance ni son montant par la fourniture de documents. D’autres pratiques sont dénoncées par l’UFC-Que Choisir, comme les propositions de paiements échelonnés. Certains dossiers porteraient même sur des dettes qui ne sont plus dues.

L’UFC-Que Choisir demande donc aux législateurs européens d’interdire la vente par les banques et l’achat par les sociétés de recouvrement des crédits « fantômes », dont la validité ne peut être démontrée. Elle demande aussi que l’emprunteur soit informé de la vente d’un crédit, avec un solde de tout compte pour qu’il puisse racheter la créance. Enfin, l’association réclame l’encadrement strict des sollicitations de la société de recouvrement.