Se connecter S’abonner

La crise sanitaire pèse plus sur les revenus des 20-25 ans

Les jeunes âgés de 20 à 25 ans ont particulièrement souffert des conséquences de la crise sanitaire en 2020, avec une baisse de revenus de 5% à 10% selon le Conseil d’analyse économique (CAE).

jeunes
Crédit : IStock.

La crise sanitaire a, certes, fait baisser les revenus des Français, mais le nombre de personnes en situation de fragilité financière a diminué en 2020 par rapport à 2019. C’est le constat dressé par le Conseil d’analyse économique (CAE) dans une étude publiée mercredi 27 janvier. Ainsi, le revenu de l’ensemble des Français a baissé de 0 à 5% depuis le mois d’août 2020. En revanche, celui des plus jeunes, de 20 à 25 ans, a chuté de manière plus importante, de 5 à 10% par rapport à la même période en 2019. Selon les auteurs de l’étude, la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 pèse donc deux fois plus sur le revenu des plus jeunes. Le CAE a étudié les mouvements des comptes bancaires de 300.000 clients du Crédit Mutuel pour réaliser cette analyse.

Les auteurs de l’étude du CAE se sont donc particulièrement intéressés aux jeunes, classés en deux catégories : étudiants et jeunes actifs (vivant dans un logement autonome). « Si la part de ménages ‘dans le rouge’ a baissé pour l’ensemble de la population, la situation est moins favorable et plus volatile pour les étudiants », écrit le CAE, « et potentiellement inquiétante chez les jeunes actifs pour qui cette part est, depuis le mois de mai, souvent plus élevée en 2020 par rapport à 2019 », précise encore l’étude. Avant la crise, la proportion de jeunes actifs qui se trouvaient dans une situation fragile était déjà très supérieure à celle de la population générale, soit environ 22-23% en moyenne, contre 15% de la population totale. C’est à partir du mois d’août que les jeunes autonomes ont connu une baisse importante de leurs revenus.

Recul de la consommation, hausse de l’épargne

Les économistes du CAE expliquent ces statistiques par un recul de la consommation des ménages. En effet, le recul des dépenses a provoqué un surplus d’épargne et donc, « mécaniquement, a limité les situations de découverts ou de rejet de paiement », souligne l’étude. Ses auteurs soulèvent toutefois un point important : leur analyse portant sur les données des titulaires de comptes bancaires auprès du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, ils « peuvent sous-représenter les populations les plus fragiles, notamment celles non bancarisées ».