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Assurance maladie : 3.000 arrêts de travail automatiques par jour en trois semaines

Les arrêts de travail automatiques, mis en ligne le 10 janvier par l’Assurance maladie, rencontrent un certain succès.

Carte vitale assurance maladie santé
Crédit: iStock.

Remplir soi-même son arrêt de travail est possible depuis le 10 janvier. En effet, par souci de rapidité et de simplicité, l’Assurance maladie a mis en ligne des formulaires pour les travailleurs qui ressentent des symptômes de la Covid-19, ou encore pour ceux qui sont susceptibles d’être cas contacts. En trois semaines, 3.000 arrêts de travail automatiques ont été délivrés par jour, soit 65.600 demandes en tout. Il s’agit d’arrêts délivrés sans l’avis d’un médecin, en attendant les résultats d’un test. L’Assurance maladie indemnise directement le travailleur, sans jour de carence et après la preuve du test de dépistage. Il s’agit d’isoler la personne au plus vite pour éviter qu’elle ne contamine d’autres personnes. Selon le directeur de l’Assurance maladie, Thomas Fâtome, le chiffre de 3.000 est « raisonnable, stable et conforme à la cible ». Avant la crise sanitaire, il y avait 30.000 arrêts ordinaires par jour. « La mesure atteint son objectif, donc nous allons poursuivre sa mise en œuvre », précise-t-il aux Echos.

De plus, le nombre de personnes qui se sont révélées positives au coronavirus et qui ont rempli ces arrêts automatiques est de 30%, soit un chiffre particulièrement élevé, « quatre fois plus que le taux normal », selon le directeur de l’Assurance maladie. Seulement un peu moins de 7% des tests réalisés par l’ensemble de la population sont positifs, rapporte Les Echos. De plus, la durée moyenne de l’arrêt est de moins de deux jours (1,9 jour). Les personnes testées négatives reprennent pour la plupart le travail dès le lendemain. Ainsi, 93% des résultats sont livrés en moins de 24 heures. Les délais ont raccourci avec la mise en place de l’indexation de la rémunération sur la rapidité de résultat des tests. Les autres personnes qui sont positives peuvent rester à l’abri pendant sept jours à partir du début des symptômes et elles sont donc indemnisées.

La CPME se félicite de l’absence d’abus

Par ailleurs, ces arrêts dérogatoires ont été utilisés par 68% de salariés du privé, ce qui reflète bien la répartition de la population active, note Les Echos. Ils sont 16% d’agents de la fonction publique à avoir rempli un arrêt de travail automatique et 6% de professionnels de santé. Selon Thomas Fâtome, il n’y a pas de dérive. Il y a 100 contrôles par jour et seuls 2% des dossiers ne sont pas conformes, avec une absence de symptômes déclarés par exemple ou encore la non-réalisation du test de dépistage.

 La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), qui s’inquiétait d’une recrudescence du nombre d’arrêts, se félicite de l’absence d’abus. François Asselin, son président, note cependant qu’« il ne se passe pas un jour » sans la remontée d’ « un arrêt de travail intempestif », précise-t-il aux Echos. Il s’interroge aussi à propos de la gratuité des tests, des vaccins et des arrêts de travail, contrairement au reste de l’Europe.