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La crise sanitaire provoque une envolée des incidents de paiement

La pandémie a affecté les ménages les plus précaires et a en précarisé d’autres, multipliant les incidents de paiement, indique une enquête menée par l’agence Diffusis pour Meelo.

Incidents de paiement
La pandémie a affecté les ménages les plus précaires et a en précarisé d’autres, multipliant les incidents de paiement. Crédit: iStock.

Parmi les nombreuses conséquences de la crise sanitaire, on trouve l’envolée des incidents de paiement. D’après une enquête, publiée jeudi 4 février, menée par l’agence Diffusis pour Meelo, une fintech spécialisée dans la lutte contre la fraude, 30% des propriétaires déclarent être en difficulté pour rembourser leur emprunt immobilier, en ce début d’année. Les locataires sont, eux, 15% à avoir du mal à régler leur loyer.

Ces difficultés sont également visibles au niveau de la consommation. Depuis le début de la crise sanitaire, 27% des répondants ont souscrit à un crédit à la consommation pour affronter des difficultés financières. Et pour près de la moitié d’entre eux (47%), cet emprunt a servi à boucler les fins de mois (factures, nourriture etc.). Pour alléger leurs mensualités, 24% des sondés envisagent de mettre en place un regroupement de crédits, qu’il soit à la consommation ou immobilier.

Disparités entre les Français

Face à la crise, tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne. Le risque de défaut de paiement est très faible chez les ménages dont le revenu est stable, tels que les salariés en CDI, les fonctionnaires et les retraités. La baisse de la consommation causée par les restrictions sanitaires a même entraîné un boom de l’épargne. Selon la Banque de France, l’épargne des Français a atteint 130 milliards d’euros l’an dernier et pourrait grimper à 200 milliards en 2021. Chez les plus précaires (étudiants, intérimaires, intermittents du spectacle…) et ceux qui subissent une baisse de leur activité (commerçants, artisans, etc.), en revanche, les impayés de loyers et de factures d’énergie se multiplient, indique l’étude.

Pour Laurent Kocinski, fondateur de Meelo, le risque n’est pas tant celui de « l’explosion du défaut de crédit », « à condition bien sûr que les acteurs possèdent des solutions de prévention et de recouvrement efficaces ». « Le risque ce sont les clients qui auront besoin de financements ou de solutions pour surnager, ce qui concerne notamment la nouvelle frange des Français précaires. Dans ce cas, la tentation pourrait être grande d’enjoliver son dossier (fausse déclaration, justificatifs frauduleux) ou de se financer chez les acteurs réalisant moins de contrôles ou n’ayant pas de scoring », explique-t-il. Avant le dernier trimestre 2020, l’encours de crédits des particuliers dépassait 1 300 milliards d’euros d’après la Banque de France, et plus de 80% de cette somme finance des achats immobiliers.