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Télétravail : Elisabeth Borne rappelle à l’ordre les secteurs qui ont relâché leurs efforts

La ministre du Travail veut une réunion sans délai des Comités sociaux et économiques (CSE) et mobiliser certaines branches.

télétravail
Crédit: iStock.

Alors que le nombre de contaminations au Covid-19 continue de progresser, le ton monte à nouveau au sujet du télétravail. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, demande la réunion « sans délai » des instances de dialogue social dans les entreprises pour renforcer le télétravail qui baisse de manière « significative » dans certaines branches, a-t-elle écrit aux partenaires sociaux. Dans un courrier « de mobilisation » envoyé dans la soirée du mercredi 3 février aux organisations syndicales et patronales, Elisabeth Borne leur demande « de veiller à ce que les instances de dialogue social se réunissent sans délai au sein des entreprises pour définir les modalités selon lesquelles la mise en oeuvre du télétravail doit être renforcée ».

La ministre rappelle que le télétravail « doit être la règle pour l’ensemble des activités qui le permettent ». Selon le protocole sanitaire national, un retour en présentiel n’est possible qu’un jour par semaine pour les salariés qui en expriment le besoin. 

Les mauvais élèves 

Or, une étude réalisée par Harris Interactive réalisée pour le compte du ministère montre une « érosion » du recours au télétravail. Selon cette enquête, parmi les actifs pouvant télétravailler facilement, 36% n’ont pas télétravaillé la semaine du 18 au 24 janvier, contre 30% la semaine du 2 au 8 novembre. Et la part de ceux télétravaillant à 100% est passée de 45% en novembre à 30% en janvier. « Certains secteurs ont connu une baisse particulièrement significative », souligne Mme Borne, qui veut « avoir un échange avec les branches professionnelles concernées dans les tout prochains jours ».

Selon le ministère, il s’agit par exemple des secteurs banque/assurance, information/communication, audiovisuel, activités juridiques et comptables. Le renforcement du recours effectif au télétravail fait partie des mesures arrêtées vendredi par l’exécutif pour éviter un nouveau confinement.

Les Français préfèrent le présentiel

A la fin du mois de novembre, seuls 16% des cadres français désiraient garder un rythme soutenu de télétravail, selon une étude du cabinet de recrutement Robert Walters. Elle mettait en lumière l’envie de 62% d’entre eux de retourner au bureau quatre jours par semaine. Un avis partagé par les autres salariés. La majorité d’entre eux souhaitaient que le bureau reste au cœur de l’organisation du travail. Selon une étude Ipsos publiée le 30 novembre, les Français aimeraient que le télétravail soit limité à un peu moins de deux jours par semaine. L’automne dernier, le gouvernement avait été contraint de menacer les entreprises de sanctions, pour qu’elles appliquent au maximum le télétravail.