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Fonds de solidarité : 39% des micro-entrepreneurs attendent le versement de décembre

Selon un rapport de la Fédération nationale des auto-entrepreneurs (FNAE), une partie des 80 000 chefs d’entreprise connaît deux mois de retard dans le versement du fonds de solidarité, ce qui crée des situations « catastrophiques ».
Crédit: iStock.

C’est un cri d’alarme que lance la Fédération nationale des auto-entrepreneurs (FNAE), aujourd’hui appelés micro-entrepreneurs. Selon une étude qu’elle a menée et révélée par franceinfo jeudi 11 février, le versement des aides liées au fonds de solidarité connaît quasiment deux mois de retard pour plusieurs milliers de chefs d’entreprise. La fédération, qui représente 80 000 micro-entreprises, estime qu’ils sont 39% à ne pas avoir touché les sommes promises pour le mois de décembre. De plus, 21% n’ont rien touché pour le mois d’octobre, relaient nos confrères.


Pour Ludovic Badeau, porte-parole de la FNAE, les conséquences de ces retards sont « très concrètes pour un micro-entrepreneur qui gagne 1.500 à 2.000 euros par mois ». « Quand vous lui faites attendre le fonds de solidarité un mois et demi, deux mois, en face le frigo est vide », insiste-t-il. Ce dernier indique que les remontées du terrain font état de situations économiques « catastrophiques », avec du « désespoir » chez certains professionnels.


Restaurer le caractère urgent du fonds 

Au début de la mise en place du fonds de solidarité en mars 2020, les délais de versement des aides étaient de l’ordre de sept jours, mais le renforcement des contrôles anti-fraude semble avoir alourdi la procédure. Selon franceinfo, le formulaire à remplir est plus complexe et la moindre coquille dans le remplissage bloque une demande. « Le fonds de solidarité, c’est un fonds d’urgence et là on est en train de perdre ce caractère d’urgence », se soucie Ludovic Badeau.


Le porte-parole des micro-entrepreneurs demande la mise en place de « sortes de paliers ». Il souhaiterait que le caractère automatique et urgent soit maintenu en-dessous de 1.500 euros. « Par exemple, au-dessus de 3.000 euros, on comprend qu’il y ait plus de contrôles, en-dessous de 1.000 euros de demandes d’aides, on en a vraiment besoin et on peut faire des contrôles après », illustre Ludovic Badeau. Du côté du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Lemaire a assuré que toutes les aides seraient versées d’ici quelques semaines, et que 250 agents supplémentaires seraient affectés au contrôle des dossiers afin d’accélérer les procédures.