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Tourisme : le secteur de l’hôtellerie est « à l’agonie »

Les hôtels sont « à l’agonie » selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), même s’ils ont le droit d’ouvrir.

Les secteurs particulièrement touchés par la crise, tels que l'hôtellerie-restauration, comptent davantage de petites entreprises.
Crédit: iStock.

Avec la disparition des touristes étrangers et la réduction des voyages professionnels, le secteur de l’hôtellerie est au plus mal. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) estime même que les hôtels sont « à l’agonie », dans un communiqué publié le 12 février. A Paris, 60% des hôtels sont fermés. Les baisses de la performance hôtelière sont « vertigineuses » : le revenu par chambre (Revpar) chute de 88% dans la capitale et de 59% en France. Les différentes mesures sanitaires ont précipité le secteur dans la crise : « le tissu touristique est rompu : les restaurants, cinémas, musées, bars et discothèques sont fermés. Les offres touristiques ne sont plus attractives, les touristes ont déserté les hôtels aussi parce qu’ils sont contraints de se restaurer dans leur chambre, et ce dans les limites d’un couvre-feu à 18h ! », écrit l’Umih.

La France compte presque 18.000 hôteliers. Pour les vacances scolaires de février, le taux d’occupation est catastrophique selon le syndicat : 13,4% seulement. « Seuls 10% des hôtels sont ouverts en montagne », précise encore le communiqué. Les résidences et les meublés s’en sortent mieux puisqu’elles ont une cuisine intégrée à leurs logements. L’Umih déplore que les hôtels restaurants ne bénéficient pas du même traitement que les restaurants concernant le fonds de solidarité. Concernant le Prêt garanti par l’Etat (PGE), « cela reste de la dette, qui plombe les bilans des entreprises et dégrade leurs fonds propres ». L’Umih évoque aussi le refus des banques de repousser les échéances de prêts bancaires et les réticences des assureurs à indemniser les hôteliers.

200.000 salariés menacés

Le président de l’Umih Hôtellerie, Laurent Duc, estime que la profession « souffre comme jamais ». « Nous serons, sans aucun doute, hôteliers-indépendants, les plus nombreux à ne pas pouvoir nous relever de cette crise, au détriment de nos 200.000 salariés », déclare-t-il, dénonçant le manque de réaction de la part du gouvernement. « La situation devient intolérable quand nous voyons à l’inverse d’impétueux groupes nationaux et/ou mondiaux sans vergogne, s’enrichir de notre misère », écrit-il dans le communiqué.