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Covid-19 : l’Unédic prévoit un déficit de 10 milliards d’euros en 2021

L’Unédic estime à « près de 39 milliards d’euros » l’impact lié à la crise économique sur ses finances entre 2020 et 2022. Selon Éric Le Jaouen, président de l’Unédic, les prévisions sont « compliquées » en raison des incertitudes sur l’économie et des politiques de soutien.

assurance chômage
Crédit : Vincent Loison/SIPA.

Mercredi 24 février, l’Unédic, qui gère le régime d’assurance-chômage, présentait ses prévisions financières pour le régime d’assurance-chômage en 2022. Elle prévoit un déficit de 10 milliards d’euros en 2021. Sous l’effet de la fin des aides publiques, l’organisme anticipe la destruction de 230.000 emplois, ainsi qu’une « conjoncture encore fragile« . L’organisme a indiqué que le déficit du régime atteindrait 6,4 milliards d’euros cette année-là. D’après ses prévisions, cela porterait la dette à 70,6 milliards d’euros fin 2022, après 64,2 milliards fin 2021 et 54,2 milliards fin 2020.

Pour l’année 2020, le déficit s’établit à 17,4 milliards d’euros. L’Unédic souligne que « ce ne sont pas les dépenses d’allocation chômage qui ont le plus pesé » mais que « plus de la moitié est imputable au financement de l’activité partielle » (55%). Cette dernière est prise en charge l’Etat aux deux tiers, et un tiers par l’Unédic. Au printemps, au plus fort de la crise, près de 9 millions de salariés ont été concernés. Selon la Dares, ils étaient encore 2,1 millions en janvier.

En 2021, l’Unédic estime que « la fin des aides et une conjoncture encore fragile entraîneraient la destruction de 230.000 emplois« . Les mesures de maintien de l’emploi devraient s’estomper dans le courant de l’année. Selon les chiffres de l’Insee, 360.500 emplois ont été détruits dans le privé en 2020. Le nombre de chômeurs indemnisés serait ainsi « d’environ 2,95 millions de personnes fin 2021« , poursuit l’organisme.

En revanche, le nombre de demandeurs d’emploi devrait diminuer de 125 000 en 2022, « grâce aux 210.000 créations d’emploi attendues, ce qui porterait le nombre de chômeurs indemnisés à environ 2,8 millions de personnes fin 2022. Le niveau de l’emploi reviendrait à son niveau de 2020 (19,4 millions) », ajoute l’Unédic.

Un milliard d’euros d’économies grâce à la réforme de l’assurance-chômage ?

Au cours du point presse, Eric Le Jaouen a souligné le contexte « compliqué en termes de prévisions« , en raison des incertitudes qui pèsent sur l’économie et des politiques de soutien « dont on ne sait pas quand elles s’arrêteront« .

Mardi prochain, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, doit recevoir les partenaires sociaux. Les responsables des principales organisations syndicales et patronales sont conviés pour échanger sur « les points de sortie » de la concertation engagée à l’automne sur la réforme controversée de l’assurance-chômage. Au cours de la réunion sera « exposée la nouvelle réglementation d’assurance-chômage« , a révélé Eric Le Jaouen.

Les prévisions de l’Unédic se basent sur les règles de l’assurance-chômage actuellement en vigueur « car nous ne connaissons pas les modifications qui auront lieu » dans le cadre de la réforme, assure le directeur général de l’Unédic, Christophe Valentie. L’organisme a néanmoins calculé que si la réforme se faisait comme prévu initialement, elle engendrerait une économie d’un milliard en 2021 et de 2,6 milliards en 2022. Le gouvernement entend toutefois l' »adapter » à la crise.

L’impact de la crise sanitaire estimé à 39 milliards d’euros

L’Unédic n’anticipe pas non plus le taux de vaccination ou d’un éventuel troisième confinement, « donc le niveau d’incertitude est élevé« , a insisté Christophe Valentie, soulignant que l’assurance-chômage était « fortement sensible à la conjoncture économique« .

L’Unédic estime l’impact lié à la crise économique entre 2020 et 2022 sur ses finances à « près de 39 milliards d’euros« . En février 2020, avant l’explosion de la crise sanitaire, l’Unédic prévoyait, après un déficit de 0,9 milliard en 2020, un solde financier excédentaire de 2,3 milliards d’euros en 2021, puis de 4,2 milliards en 2022. « La crise Covid a amené la courbe dans l’autre sens » et « logiquement la dette augmente« , souligne le directeur général de l’Unédic.

Dans un communiqué, la CGT a réagi à ces prévisions en fustigeant à nouveau la réforme de l’assurance-chômage. « Le chômage explose et la seule action du gouvernement est de prioriser la baisse des allocations« , a-t-elle dénoncé, rappelant que les cinq principaux syndicats avaient réaffirmé d’une même voix cette semaine leur opposition à la réforme.