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Les naissances ont chuté brutalement en janvier 2021 à cause du premier confinement

La situation est préoccupante : le nombre de naissance a fortement baissé en France, neuf mois après le début de la pandémie de Covid-19, selon l’Insee.

Crédit: iStock.

Les Français ont moins fait d’enfants à cause de la crise sanitaire. Le constat dressé par l’Insee le 25 février est préoccupant : en décembre 2020, le nombre de naissances a baissé de 7% par rapport à décembre 2019, et même de 13% en janvier 2021, par rapport à janvier 2020. « La crise sanitaire datant de mars 2020, son impact éventuel sur les naissances ne pouvait s’observer qu’à partir de la fin de l’année », estime l’Institut. En 2020, 735.000 bébés sont nés en France : c’est le plus faible nombre annuel de naissances depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le niveau est inférieur au point le plus bas qui date de 1994. Toutefois, la première estimation de janvier 2021 est provisoire, car tous les bulletins de naissance n’ont pas été transmis à l’Insee. Mais l’Institut anticipe une chute de la natalité et une estimation plus précise sera disponible fin mars.

En janvier 2021, d’après ces premiers chiffres, 53.900 bébés sont donc venus au monde, soit 13% de moins que l’an dernier. La baisse du nombre des naissances est observée depuis six ans, mais celle enregistrée en ce début d’année « est cependant sans commune mesure avec les baisses qui ont pu être observées dans le passé », écrit l’Insee. Pour observer un phénomène de telle ampleur, il faut remonter à la fin du baby-boom en 1975. Les naissances avaient alors diminué de 14% en septembre et en octobre par rapport aux mêmes mois en 1974. Lors des crises économiques des années 1980 et de 1993, des baisses de natalité avaient aussi été enregistrées, sans atteindre la même ampleur (10%). En revanche, il n’y a pas eu de tel phénomène lors de la crise de 2008-2009.

Phénomène ponctuel ou tendance durable ?

L’Insee pense que cette baisse des naissances début 2021 pourrait être liée à la pandémie de Covid-19, notamment à cause du premier confinement de mars 2020. « Ce contexte de crise sanitaire et de forte incertitude a pu décourager les couples de procréer, les inciter à reporter de plusieurs mois leurs projets de parentalité », analyse l’Insee. Les mères ont pu être inquiètes à l’idée de transmettre le virus au nouveau-né. « Il faut également rappeler que pendant ce premier confinement du printemps 2020, les centres de procréation médicalement assistée ont été fermés », note encore l’Institut, qui précise aussi que les interruptions volontaires de grossesse ont pu être plus difficiles à cette période. L’Insee établira une nouvelle analyse à partir des données mensuelles des mois à venir afin de déterminer s’il s’agit d’un phénomène ponctuel ou le début d’une tendance plus durable.