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CAC 40 : les entreprises peinent à se féminiser

Alors, que selon des études, la mixité contribue à l’amélioration des performances des entreprises, un plafond de verre empêche toujours les femmes d’accéder aux comités exécutifs et aux comités de direction du CAC 40.

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Chaque 1er mars, les entreprises de plus de 50 salariés doivent publier leur index d’égalité professionnelle, noté sur 100, entre les femmes et les hommes. Les entreprises qui reçoivent une note inférieure à 75 sont priées de rectifier le tir sous peine d’une amende. Selon l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises publié lundi 1er mars, la féminisation est lente, au sein des sociétés du CAC 40. Pourtant, celle des comités exécutifs et de l’encadrement s’accompagne d’effets bénéfiques sur la rentabilité opérationnelle à court et moyen terme. Elle participe aussi à la réduction du risque financier que représente un investissement dans l’entreprise.

Entreprise phare du principal indice boursier de la Bourse de Paris, Danone est un exemple à suivre en matière d’égalité femmes-hommes. La multinationale alimentaire française se voit décerner le prix orange 2020 de la promotion professionnelle des femmes quand le groupe Vivendi reçoit un prix citron du plafond de verre. Quant à Total, L’Oréal et Hermès, elles sont les championnes de la diversité pour ce qui est de la féminisation de leur comité exécutif. Qualifiée d’irréductible par l’observatoire, la barrière invisible fait que les femmes représentent à peine 20,37% des membres des comités exécutifs des entreprises du CAC40. Elles représentent pourtant un peu plus d’un tiers de la population des cadres.

Aucune femme PDG d’une entreprise du CAC 40 en 2020

Mais selon l’étude, les salariés du CAC 40 sont « plus misogynes que les dirigeants pour nommer des administrateurs-salariés ». Ainsi, les administrateurs-salariés ne comptent pas dans le quota de 40%. Aussi Engie (30,77%) Orange (33,33%) n’atteignent pas le quota, puisque tous les administrateurs représentant les salariés et les actionnaires salariés sont des hommes.

Concrètement, en 2020, aucune femme n’occupait un poste de PDG dans une entreprise du CAC40. Et aucune un poste de présidente. Enfin, elles n’étaient que deux à avoir été désignées directrice-générale sur un total de 19 postes.

Une bipolarisation croissante

Le document met également en avant la bipolarisation sexuelle des grandes entreprises. Il explique que la rupture est de plus en plus marquée entre les entreprises très féminisées, qu’il s’agisse des effectifs comme de l’encadrement, qui rencontrent des difficultés à recruter des hommes et les entreprises peu féminisées qui peinent à embaucher des femmes.