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Banques : les difficultés des usagers victimes de fraude à obtenir un remboursement

Certains clients victimes d’arnaques bancaires ne sont pas remboursés par leur banque parce qu’ils ont donné leurs codes de sécurité.

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Crédit: iStock.

Pour les clients de banque, après l’escroquerie, vient le temps de réclamer le remboursement des sommes dérobées. Mais, les établissements bancaires ne facilitent pas tout le temps les choses. Et pour certains usagers, rapporte BFMTV lundi 8 mars, obtenir un remboursement est un vrai calvaire. Le mode opératoire est le suivant : un faux conseiller de la banque vous appelle et vous informe de mouvements frauduleux sur votre compte. Il demande alors les données détaillées du compte, en présentant des informations personnelles (comme vos coordonnées) et certains numéros de votre carte bancaire. Ce faux conseiller vous demande alors les numéros manquants de la CB afin, soi-disant, de contrôler votre identité et de se connecter à votre compte pour vérifier les paiements.

En réalité, il s’agit d’un escroc qui n’a plus qu’à prélever des sommes sur le compte, puisque vous lui en avez donné les accès. Le problème, c’est que certains établissements refusent de rembourser le montant de la fraude, selon BFMTV, arguant du fait que le client a fait preuve de négligence, notamment en validant les opérations à l’aide du « Secur’pass ». Il s’agit d’une procédure d’authentification et de sécurité mise en place par les banques, via leur application mobile notamment, pour vérifier les opérations bancaires et justement bloquer les tentatives de fraude.

Concernant ces arnaques, « il y a une accélération qu’on observe en 2020 (…) liée à l’augmentation de la maturité et de la professionnalisation des cellules de fraudeurs, qui sont beaucoup plus outillées et expertes », témoigne sur BFMTV Yann Girard, directeur de la sécurité à la Société Générale. « Il y a un côté ‘impunité’ pour ces attaquants, que les forces de l’ordre ont quand même du mal à stopper, car (ces cellules) sont présentes partout dans le monde, donc c’est un vrai challenge pour les autorités », poursuit-il. Les établissements bancaires ont multiplié depuis quelques mois les appels à la prudence, rappelant qu’il ne faut jamais communiquer ses données bancaires par téléphone ou autre, même à un conseiller. 

30% des fraudes non remboursées

En octobre dernier, l’UFC-Que Choisir avait alerté sur le fait que 30% des fraudes à la carte bancaire n’étaient pas remboursées par les banques. Avec la multiplication du nombre de paiements par carte bancaire sans contact et par Internet, le nombre d’escroqueries a augmenté. Selon l’association, la hausse serait de 20%, soit l’équivalent de 660 millions d’euros l’an dernier. Les banques évoquent la négligence de leurs clients pour ne pas les rembourser en cas de fraude, mais l’UFC-Que Choisir rejette ce raisonnement, car le dispositif 3D-Secure (un code envoyé par SMS) pour authentifier les paiements à distance « n’est plus considéré comme étant suffisamment sécurisé », estime l’association. « Par conséquent, comme l’a confirmé le Gouverneur de la Banque de France à la demande de l’UFC-Que Choisir, les banques qui continuent de n’utiliser que cette seule technique obsolète ne peuvent plus invoquer la négligence de leurs clients pour refuser de les rembourser », précise-t-elle.