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Le Covid-19 toucherait plus les plus riches !

Les indicateurs sont dans le rouge dans certains départements en France, dont ceux d’Ile-de-France, concernant le nombre de nouvelles contaminations. Par ailleurs, une étude montre que les 10% des plus riches auraient eu deux fois plus de risques de contracter le Covid-19 en 2020.

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Crédit : KONRAD K./SIPA.

Le nombre de nouvelles contaminations au Covid-19 s’envole dans certains départements, notamment en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne. Selon franceinfo le 9 mars, le taux d’incidence dépasse le seuil d’alerte maximum, soit 250 pour 100.000 habitants, et le taux d’occupation des lits de réanimation s’élève désormais à 88% en Ile-de-France. La situation est si inquiétante que 40% des opérations médicales et chirurgicales devront être déprogrammées pour laisser la place aux malades du coronavirus. Si les études actuelles se penchent sur la répartition géographique des contaminations au Covid-19, une étude inédite, baptisée EpiCov (épidémiologie-conditions de vie), a, elle, étudié les risques en fonction du niveau de vie de la population. Ses résultats ont été publiés en octobre 2020 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et repérés par Le Parisien en ce début mars. Ainsi, les 10% des plus riches auraient eu deux fois plus de chances d’avoir contracté le virus l’an dernier que les personnes appartenant aux classes moyennes. L’écart est encore plus important avec les 10% des moins riches.

Le « carnet de relations sociales » en cause

Cette étude analyse pour la première fois les facteurs liés aux conditions de vie dans la répartition des contaminations au Covid-19 sur le territoire français. Les informations de plus de 135.000 personnes ont été étudiées par la Drees, avec l’Inserm et l’Insee, pour sélectionner plus de 12.000 candidats qui ont fourni un échantillon de sang. Les résultats ont donc permis d’affirmer que le niveau de vie a un impact certain sur la probabilité de contracter le virus et que ce sont les plus riches qui ont été les plus contaminés. La première raison est l’interaction sociale. « Plus on monte dans les catégories sociales, plus le carnet de relations sociales s’étend », explique au Parisien Stéphane Legleye, chef de la Division conditions de vie des ménages à l’Insee. « Les occasions de faire des rencontres, plus choisies que subies, sont plus nombreuses », poursuit-il.

Recevoir chez soi, facteur aggravant

Autre facteur aggravant selon cette étude EpiCov, le fait de pouvoir recevoir chez soi, ses amis, ses voisins, sa famille. Les personnes qui ont le plus de ressources matérielles ont multiplié les risques. « Les entorses aux règles, perçues comme minimes, sont plus faciles, mais font augmenter mécaniquement les risques de contamination », analyse Stéphane Legleye. Les ménages les plus aisés ont aussi eu la possibilité de partir dans leur maison secondaire, notamment les citadins lors du premier confinement du printemps 2020. Les déplacements se sont parfois accompagnés d’un relâchement de la vigilance, aussi cela a pu « favoriser de potentiels foyers d’infection » selon le statisticien, « phénomène qui n’a pas existé chez les plus modestes », précise-t-il au quotidien.

Enfin, le fait que les parents ont parfois dû télétravailler et garder les enfants en même temps a pu faire augmenter le risque de contaminations. En effet, les télétravailleurs venant en majorité d’un milieu plutôt aisé, ils ont sollicité l’aide de grands-parents, d’amis ou de baby-sitters, quand les autres personnes aux emplois moins bien rémunérés ont été placés en chômage partiel. Ils ont pu donc garder leurs enfants et limiter les interactions. Un bémol est toutefois soulevé concernant cette étude EpiCov : le délai de collecte court a peut-être favorisé la réponse de personnes plus aisées par rapport aux moins aisées, et donc biaisé un peu les résultats. Des études ultérieures pourront infirmer ou confirmer ces résultats.