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Transformer son vélo en vélo électrique, une bonne affaire ?

En collaboration avec la start-up Virvolt, Carrefour propose désormais à ses clients d’installer une assistance électrique sur leurs vieux vélos mécaniques. Une offre qui suscite quelques réserves. Voici pourquoi.

Le marché du vélo électrique a le vent en poupe. Selon l’Union Sport et Cycle, une organisation professionnelle qui regroupe 1400 entreprises, en 2019, il s’est vendu 388 000 VAE (vélos à assistance électrique) sur un total de 2,65 millions de cycles vendus. La progression est de 12 % en volumes et l’électrique représente désormais 45 % du parc français. Pas étonnant donc que le marché aiguise les appétits.

Et notamment celui des acteurs qui proposent des kits de conversion de vélos classiques en VAE (vélos à assistance électrique) sur le modèle de ce qui se fait déjà pour les voitures avec le Rétrofit. Leur promesse : des tarifs moins chers que l’achat en neuf. Le prix moyen d’un VAE neuf est, en effet, de 1 749 euros (chiffre 2019).

Dernier arrivé sur ce segment : Carrefour. L’enseigne vient de lancer, en collaboration avec la start-up Virvolt, un corner dans son hypermarché du Carré Sénart (Seine-et-Marne). Les clients peuvent y apporter leur vieux vélo et des professionnels le transformeront en VAE en trente minutes minimum (et jusqu’à 1h30). Le service est proposé à partir de 820 euros. Est-ce intéressant ?

L’installation par soi-même moins chère

D’abord, les mêmes prestations coûtent moins cher ailleurs. La start-up A Fond Gaston commercialise ainsi des kits « urbains » à 790 euros. Qui plus est un peu partout en France (Lyon, Paris, Toulouse, Metz…). Mais surtout, il est possible de réaliser la conversion soi-même pour moitié moins cher. On trouve sur Internet des kits prêts à installer à partir de 400 euros : 469 euros pour des vélos de ville par exemple sur Ozo Electric, un des deux leaders français avec Cycloboost.

D’après les professionnels, n’importe qui peut le réaliser à partir du moment où on sait réaliser les opérations d’entretien de base d’un vélo (changer les freins, la chambre à air…). Carrefour et Virvolt promettent cependant un kit moins cher prochainement à 600 euros.

Pas de possibilité de cumuler les aides

Ensuite, les kits d’électrification de vélos ne donnent pas droit à certaines aides. Ainsi, si vous habitez Paris et que vous installez ce genre d’équipement, vous pourrez bien bénéficier de l’aide de la ville qui subventionne 33 % du prix HT, avec un maximum de 400 euros. En revanche, vous ne serez pas éligible à l’aide de la région Ile-de-France (500 euros) ni à celle de l’Etat (200 euros).

Ces coups de pouce sont, en effet, réservés à l’achat de VAE neufs. Il faut donc bien faire ses calculs, d’autant qu’en dehors de Paris, les subventions sont plutôt chiches. A Bordeaux, la municipalité accorde 100 euros maximum pour l’achat de VAE neufs ou l’installation de kit d’électrification.

Attention au Code de la route

Enfin, surtout, la réglementation française autorise la circulation des VAE sur la voie publique à certaines conditions. La puissance ne doit pas dépasser 250 W et la vitesse maximale doit être de 25 km/h. Au-delà, le VAE devient assimilable à un cyclomoteur. Il faudra donc respecter le Code de la route applicable à ce genre de véhicule et souscrire une assurance spécifique.

La plupart des kits d’électrification respectent ces normes, mais certains commercialisent des moteurs de 500 W ou plus. Le kit de Virvolt, lui, intègre une puissance de 350 W. Il faut l’avoir en tête avant de se lancer !