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Réforme de l’assurance chômage : baisse des allocations de 17% la première année

L’Unédic a présenté mercredi 24 mars sa première version de l’étude d’impact de la réforme de l’assurance chômage aux partenaires sociaux. 1,15 million de chômeurs seraient concernés la première année.

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Crédit: Vincent Loison/SIPA

La réforme de l’assurance chômage entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Mercredi 24 mars, l’Unédic a présenté aux partenaires sociaux une étude d’impact sur les chômeurs : la principale modification concerne la règle du calcul du salaire journalier de référence (SJR) et elle concernera 1,15 million de chômeurs dans les douze mois, selon Le Monde, qui a consulté cette note. C’est un chiffre plus élevé que les prévisions avancées par le ministère du Travail, soit 800.000 personnes, un chiffre basé à l’origine sur la destruction de 230.000 emplois en raison de la crise en 2021, contre 360.000 en 2020. Selon le document consulté par le quotidien, les allocations baisseraient de 17% en moyenne pour les personnes concernées, soit les chômeurs qui ont ouvert des droits à indemnisation entre le 1er juillet prochain et la fin juin 2022. Dans les détails, 365.000 d’entre eux toucheront 662 euros au lieu de 885 euros net. Cette chute de revenus serait compensée par un allongement de la durée d’indemnisation.

La réforme prévoit d’autres changements : ils concernent les conditions d’éligibilité au chômage (durée de cotisation requise) et de dégressivité des allocations, conditions qui seront durcies, ce qui est dénoncé par les syndicats. La dégressivité concerne les moins de 57 ans gagnant 4.500 euros brut au minimum lorsqu’ils travaillaient, précise encore Le Monde. L’Unédic a calculé les économies attendues par an avec la réforme : les dépenses d’allocations baisseraient de 800 millions d’euros grâce au durcissement de l’éligibilité et de 460 millions d’euros avec la dégressivité. Avec les nouvelles règles de calcul du SJR, ce sont 2,3 milliards d’euros qui seraient économisés au total, en fonction de la situation de l’emploi en France.

Version définitive dans quelques jours

Par ailleurs, l’instauration d’une modulation de la cotisation chômage employeur destinée à freiner le recours aux CDD courts ne provoquera pas d’économies pour l’Unédic. Ce dernier grand changement, un bonus-malus pour les entreprises de sept secteurs, est critiqué par le patronat cette fois-ci, selon Le Monde. Certaines entreprises devraient payer plus de cotisations quand elles embauchent en contrat court, ce qui compenserait les baisses des cotisations des celles qui embauchent en contrat long. Ces modulations entreront en vigueur en septembre 2022 pour les entreprises de plus de 11 salariés, sauf pour celles qui ont fermé pendant la crise sanitaire et pour celles qui ont été très touchées. La version définitive de la note de l’Unédic devrait être publiée d’ici quelques jours au Journal officiel, rapporte le quotidien. Sa version devrait être très proche de celle qui a fuité.