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Aides à domicile : leurs salaires vont être augmentés de manière « historique »

Le gouvernement va donner son accord à une augmentation salariale des aides à domicile, comprise entre 13% et 15%.

grand âge
Crédit: iStock.

C’est une augmentation qualifiée d’« historique ». La ministre déléguée en charge de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, va donner son feu vert à une hausse des salaires des aides à domicile du secteur non lucratif selon Le Monde. L’augmentation sera comprise entre 13% et 15% et applicable au 1er octobre prochain. En tout, 209.000 personnels sont concernés. Ainsi, le gouvernement reconnaît l’effort des aides à domicile pendant la crise sanitaire, explique le quotidien. Cette hausse fait partie d’un processus de négociation, notamment de la grille salariale de la branche du secteur non lucratif. Les fédérations d’employeurs et les syndicats avaient entamé cette refonte avant la pandémie de Covid-19.

En effet, la convention collective datait de 2010. Après 17 ans d’ancienneté, seulement 43% des effectifs de cette branche obtiennent actuellement une rémunération conventionnelle supérieure au SMIC. Un avenant prévoit donc d’augmenter les salaires pour les personnes qui travaillent dans les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et dans les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD). Pour une aide à domicile sans diplôme et sans ancienneté, qui touche 1.539 euros brut, la hausse prévue est de 33.50 euros. Pour une aide à domicile diplômée, sans ancienneté, elle irait jusqu’à 300 euros brut, précise Le Monde.

Effort demandé aux départements

Brigitte Bourguignon se félicite de cette hausse : « Jamais depuis la création de l’allocation personnalisée d’autonomie il y a plus de vingt ans (…) un gouvernement n’avait été aussi loin dans la revalorisation de ces services », déclare la ministre au quotidien national. Toutefois, les SAAD étant financés par les départements à hauteur de 60%, l’Etat a dû prévoir une aide de 200 millions d’euros par an pour la revalorisation de ces salaires, prévue au projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2021.  En effet, l’effort était trop important pour les collectivités.

Désormais, l’Etat doit convaincre les départements de participer au financement de cette revalorisation des salaires, ce qui ne semble pas gagné. La ministre a écrit une lettre à Dominique Bussereau, président de l’Association des départements de France (ADF), dans laquelle elle demande un effort des collectivités « à hauteur de 22 millions d’euros » si l’avenant à la convention est appliqué au 1er octobre prochain, l’Etat assumant 70% du surcoût de 75 millions d’euros en 2021. Ensuite, il prendrait en charge la moitié de la dépense supplémentaire, soit 150 millions d’euros les années suivantes. L’ADF n’a pas encore accepté. Pierre Monzani, directeur général de l’ADF, précise au Monde que les « 200 millions d’euros de l’Etat » ne suffiront pas. « Cet avenant coûtera aux départements entre 400 et 600 millions d’euros », affirme-t-il.