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Epargne : si 20% du surplus accumulé en 2020 est consommé, la croissance sera de 6% en 2022

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que si les Français dépensaient un cinquième de l’épargne accumulée pendant la crise liée à la pandémie, la reprise économique française serait plus qu’assurée l’an prochain.

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Crédit: iStock.

Les Français ont beaucoup épargné en 2020, tout comme les Allemands et les Américains. De l’argent mis de côté grâce aux mesures de soutien mises en place par l’Etat, et non dépensé en raison des restrictions sanitaires. L’utilisation de cette « épargne-Covid » accumulée est la clé de la reprise en 2022, selon les économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans un rapport rendu mercredi 14 avril. « Dans un scénario où 20 % de ce surplus d’épargne est consommé, la croissance française serait de 6 % en 2022, le taux de chômage à 8,7 % et la dette à 115 % du PIB », relèvent les experts. Le taux de croissance serait de 4,3% si cette épargne n’est pas consommée, le taux de chômage de 9,4% et la dette publique s’élèvera à 117% du PIB.

En Allemagne, si un cinquième du surplus d’épargne est consommé en 2022, la croissance serait de 5,5%, ainsi qu’en Italie. Elle serait de 8% en Espagne environ, selon l’OFCE, et de 6% aux Etats-Unis. En revanche, si elle n’est pas consommée, elle serait de 4% en Allemagne et en Italie, de 6% environ en Espagne et de 4% également aux Etats-Unis.

160 milliards d’euros en 2020 et 2021

Ainsi, les économistes de l’OFCE ont aussi estimé le cumul d’épargne des Français en 2020 et 2021 : il s’élèvera à 160 milliards d’euros environ, soit 10 points de plus que leur revenu annuel. Cette année, le taux d’épargne atteindrait encore 19,5% du revenu disponible brut des Français, après avoir dépassé 21% l’an dernier. « Cette ‘surépargne’ Covid représente une réserve de croissance importante pour la suite », précise aux Echos Christophe Blot, de l’Observatoire. Mais le comportement des ménages est difficile à anticiper.

Le gouvernement a publié mercredi 14 avril un programme de stabilité destiné à Bruxelles. Ainsi, il estime que le taux d’épargne « devrait se normaliser progressivement en 2022 avec la levée des contraintes sanitaires ».  Mais il reconnaît que ce taux serait encore « supérieur à son niveau de 2019 du fait des comportements prudents des ménages, face à la dégradation du marché du travail notamment », relève le quotidien Les Echos. Il resterait à 16% alors qu’il était à 15% en 2019. L’OFCE parle d’un taux d’épargne de 15,3% en 2022.