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Micro-crédits : l’UFC-Que Choisir porte plainte contre trois établissements

L’association de consommateurs l’UFC-Que Choisir alerte sur les dangers des mini-crédits et porte plainte contre les organismes qui proposent ces prêts dont le montant est inférieur à 1.000 euros.

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Crédit : ALLILI MOURAD/SIPA/1606211701.

L’UFC-Que Choisir a déposé plainte auprès du procureur de la République de Paris contre Bling, Cashper et Floa Bank pour pratiques commerciales trompeuses concernant leurs offres de micro-crédits. Le président de l’association de consommateurs, Alain Bazot, a expliqué au micro de RTL, avoir constaté que « le marketing de ces opérateurs, qui pratiquent des taux absolument hallucinants, masque la réalité de leurs offres. C’est extrêmement intéressant à première vue » mais « le taux d’intérêt n’est pas mis en avant ».

Dans un communiqué publié, ce jeudi 29 avril, UFC-Que choisir accuse les trois établissements de dissimuler « des taux d’intérêt réels jusqu’à cent fois supérieurs au taux d’usure », c’est-à-dire au taux maximum légal autorisé pour un crédit classique, dans le cas de Cashper. 

« Les coûts de nos mini prêts sont affichés clairement »

De son côté, la société Floa a réagi. Elle a affirmé, auprès de l’AFP, appliquer « une politique commerciale transparente vis-à-vis de ses clients. Les coûts de nos mini prêts sont affichés clairement dès la première page du site et durant toutes les étapes du parcours, de sorte que le consommateur en est parfaitement informé avant d’y souscrire ». 

« Le choix du déblocage instantané des fonds est une option à la main du client dont la tarification est parfaitement transparente. Les frais que nous appliquons respectent en tous points la réglementation en vigueur », a ajouté la société.

Des prêts jusqu’à 1.000 euros 

Les micro-crédits sont des prêts pouvant aller jusqu’à 1.000 euros et dont la durée est inférieure à trois mois. « Ces crédits-là échappent à la loi sur le crédit car ce sont de tout petits crédits : dans la mesure où c’est moins de 3 mois et moins de 1.000 euros, la loi ne s’en occupe pas. On demande aux pouvoirs publics de considérer que ce sont des crédits comme les autres, avec un droit à l’information pour savoir combien ça coûte, qui est masqué », a souligné Alain Bazot.

Après avoir demandé un crédit, le consommateur est placé devant un dilemme « pernicieux », selon cette source : soit il attend 14 jours avant de bénéficier du crédit, et l’avance est gratuite ou limitée, soit il en demande le versement immédiat, et « la note flambe en général instantanément ». Selon Bling, 80% des clients sollicitent la « formule express ».

Les plus précaires ciblés 

Selon l’UFC-Que Choisir, « hormis Cashper, aucune de ces sociétés ne prend la peine d’avertir les internautes quant au risque de non-remboursement d’un crédit », ce que les banques sont, elles, tenues de faire pour les crédits immobiliers ou à la consommation. « Un tel écueil est d’autant plus grave qu’elles (Cashper, Bling, Floa Bank) ciblent tout particulièrement les plus précaires (CDD, jeunes, fichés à la Banque de France, etc.) », dénonce l’association.