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Économie : l’inflation accélère en avril de 1,3% sur un an selon l’Insee

Selon une estimation provisoire de l’Insee, publiée vendredi 30 avril, l’inflation a accéléré de 1,3% en avril sur un an, après 1,1% en mars, tirée par les prix des services et de l’énergie.

Bercy
Crédits: iStock.

Après avoir fortement augmenté en avril 2020, pendant le premier confinement, les prix de l’alimentation refluent en revanche de 0,3%, la baisse étant même de 4,1% pour les produits frais qui avaient flambé de 17,8% il y a un an, selon l’Institut national de la statistique (Insee). En avril, la hausse des prix est tirée par celle de l’énergie (+8,8%), du tabac (+5,8%) et des services (+1,3%), d’après ces données provisoires dont l’institut avertit que « la crise sanitaire de la Covid-19 affecte la qualité ». En effet, « les relevés de prix dans les points de vente physiques sont, depuis le 3 avril, à nouveau suspendus sur l’ensemble du territoire métropolitain » et « certains produits ont été indisponibles à l’achat ».

Sur un mois en revanche, les prix ont augmenté plus faiblement, de 0,2% après 0,6% en mars. Enfin, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui sert de base de comparaison au niveau européen, augmenterait de 1,7% sur un an, après 1,4% en mars, selon cette estimation provisoire.                                           

Rebond de 0,4% du PIB au premier trimestre

Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a quant à lui légèrement rebondi, avec une croissance de 0,4% par rapport au trimestre précédent, selon une première estimation publiée vendredi 30 avril, toujours par l’Insee. Mais ce rebond reste toutefois « limité », souligne l’Institut national de la statistique, le PIB se situant encore 4,4% sous son niveau de fin 2019, juste avant le début de la crise sanitaire.

« C’est un trimestre qui reste très marqué par les restrictions sanitaires, qui se sont durcies au fil des mois », a souligné à l’AFP Julien Pouget, chef du département conjoncture de l’Insee.  Après le recul de 1,4% du PIB enregistré au dernier trimestre 2020, la reprise de l’économie vient notamment du léger redressement de la consommation des ménages (+0,3%), même si elle est restée fortement contrainte par les restrictions sanitaires (couvre-feu, fermeture des grands centres commerciaux, des restaurants, lieux culturels, etc).

Sur le trimestre, elle se situe d’ailleurs encore très en dessous (-6,4%) de son niveau d’avant-crise, souligne l’Insee. Et cela ne devrait pas s’arranger au début du deuxième trimestre, avec un mois d’avril marqué par le reconfinement. La « très bonne surprise » vient de l’investissement des entreprises qui a accéléré en début d’année, selon Selin Ozyurt, économiste chez Euler Hermes. « Grâce aux aides de l’Etat, les entreprises ont pu renforcer leur trésorerie et cela permettra de soutenir le rebond de l’économie dans les prochains mois », explique-t-elle à l’AFP.

La Banque de France prévoit une croissance de 5,5% 

Même si le deuxième trimestre s’annonce encore en demi-teinte, avec un mois d’avril et une partie du mois de mai marqués par le reconfinement, le calendrier du déconfinement annoncé jeudi par Emmanuel Macron laisse entrevoir une accélération de la reprise. « La confiance des ménages est là, il y a une épargne élevée, les entreprises sont assises sur d’importantes liquidités, donc si le gouvernement arrive à vacciner rapidement, nous pourrons voir un très fort rebond », indique Selin Ozyurt, qui juge atteignable la prévision du gouvernement d’une croissance de 5% cette année.

L’Insee n’a pas encore communiqué de prévision pour l’ensemble de l’année, mais l’acquis de croissance, qui correspond à la croissance que l’on aurait fin 2021 si l’activité restait au niveau actuel jusqu’à la fin de l’année, s’établit à 4,1%. La Banque de France table elle sur une croissance de 5,5% cette année, et l’OCDE de 5,9%.